
D’après une analyse du quotidien britannique The Guardian, plusieurs partis nationalistes, voire indépendantistes, pourraient accéder simultanément au pouvoir au Royaume-Uni.
À un mois des élections du 7 mai au Royaume-Uni, plusieurs scrutins dévolus doivent se tenir simultanément. Il s’agit notamment des élections du Parlement écossais, du Parlement gallois (Senedd) et de nombreuses élections locales en Angleterre. En Irlande du Nord, le gouvernement est déjà dirigé par des nationalistes favorables à la réunification avec la République d'Irlande, mais les équilibres politiques restent fragiles.
Les sondages annoncent une configuration inédite : les partis nationalistes, souvent indépendantistes, pourraient être au pouvoir en Écosse, au Pays de Galles et en Irlande du Nord en même temps.
Vers des réformes constitutionnelles
Cette situation placerait le gouvernement britannique dirigé par Keir Starmer face à une pression accrue. Le Scottish National Party (SNP), Plaid Cymru et Sinn Féin envisagent de coordonner leurs positions sur des sujets clés comme les finances publiques, les politiques sociales ou les relations avec l’Union européenne.
En Écosse, une victoire du SNP pourrait relancer la demande d’un nouveau référendum d’indépendance. En Irlande du Nord, Michelle O’Neill pourrait accentuer la pression en faveur d’une réunification avec la République d’Irlande.
Le Pays de Galles à un tournant
Au Pays de Galles, Rhun ap Iorwerth espère mettre fin à plus d’un siècle de domination travailliste. Il réclame de nouveaux transferts de compétences, notamment en matière de justice et de police. "Plaid Cymru" a déjà participé au pouvoir, mais comme partenaire de coalition avec le "Welsh Labour" entre 2007 et 2011 dans l’accord dit One Wales.
Comment fonctionnent ces exécutifs ?
Contrairement à la France, les électeurs ne choisissent pas directement un exécutif. Ils élisent un parlement régional. Le gouvernement (dirigé par un « First Minister ») est ensuite formé par le parti ou la coalition majoritaire au sein de ce parlement, sur un modèle proche des régimes parlementaires.
Ainsi, une victoire électorale du SNP ou de Plaid Cymru se traduit par la nomination de leur chef à la tête du gouvernement écossais ou gallois.
Un Royaume-Uni sous tension mais pas isolé
La présence de gouvernements nationalistes ou indépendantistes dans plusieurs régions n’est pas unique en Europe. En Espagne (Catalogne, Pays basque), au Canada (Québec) ou en France en Corse, des partis autonomistes ou indépendantistes exercent le pouvoir régional sans provoquer automatiquement une rupture avec l’État central.
Une évolution structurelle du Royaume-Uni
La coexistence de trois gouvernements dirigés par des partis nationalistes renforcerait cependant la pression politique sur Londres. Elle pourrait accélérer la dévolution du Royaume-Uni vers un système plus décentralisé, où les nations constitutives adaptent davantage les décisions du pouvoir central. Un exemple pour la France ?
Commentaires (8)
Hannah ARENDT :
« Si l’on veut modifier une institution, une organisation, n’importe quelle association (…), on ne peut que renouveler sa constitution, ses lois, ses statuts, en espérant que tout le reste suivra de lui-même. Et s’il en est ainsi, c’est du fait que partout les hommes se rassemblent, (…) » (p. 58)
in : « Qu’est ce que la politique » Seuil (1995) - Points -Essais - n : 445
Il reste à souhaiter que ces mouvements indépendentistes montent encore en puissance pour en finir une bonne fois pour toutes avec ces situations de dépendance politiques. On se demande vraiment pourquoi l'Irlande se trouva amputée, au moment de son lndépendance en 1921, de la province de l'Ulster. Ce qui arriva par la suite ètait prévisible !
Dans le même temps, Nigel Farage et son Parti "Reform UK", est annoncé comme largement devant les Conservateurs à l'échelle du Royaume-Uni, et potentiellement prochainement au pouvoir.
Nigel Farage est le personnage incontournable du Brexit et de la politique britannique depuis 10 ans...sans lui, il n'y aurait jamais eu de Brexit.
A prendre très sérieux, car lui il remettra en cause le statut de l'Ecosse en particulier. Sur l'Irlande du Nord, il n'est par contre pas à exclure un reférendum clarifiant une situation actuelle peu satisfaisante du strict point de vu de la Démocratie.
Un référendum qui proposerait par exemple le rattachement à la République d'Irlande ou bien une réforme du statut actuel, au sein du Royaume-Uni avec peut-être moins de poids accordé au clivage religieux traditionnel dans la représentation.
Le Royaume Unie est en plein déclin !
- Une fin d'empire qui part en serpillère .
- Une sortie de l'UE à cause du nationalisme anglais principalement
- Une Royal Navy qui prend l'eau, incapable de sortir du port.
Il y a un autre ancien empire qui sera le suivant : La France
Keir Starmer (Premier Ministre Travailliste) a déjà indiqué qu'il s'opposerait à tout nouveau référendum sur l'indépendance en Ecosse (le SNP parle de 2028) et cherche par ailleurs à calquer le droit commercial britannique sur celui de l'UE. Pour cela il a prévu un système qui permet de ne pas faire de vote au Parlement britannique.
Pour rappel, le référendum sur l'indépendance de l'Ecosse avait été validé par David Cameron (Conservateur), avant celui sur le Brexit.
Oui mais si la Bretagne avait un statut similaire à l'Ecosse, ce serait déjà un grand pas en avant, mais on en est très très loin. En Europe actuellement c'est le Royaume Uni qui respecte le mieux ses différentes nations, bien que ce n'était pas le cas par le passé. L'établissement de relations entre la Bretagne et l'Angleterre serait bénéfique à tout point de vue. C'est notre seule porte de sortie, n'en déplaise à ceux qui ont une conception trop rigide de l'interceltisme.
Point important également : Cameron est un "grand-breton", avec de multiples ascendances celtes.
Il est certes né à Londres mais ascendance écossaise par son père (Ian Donald Cameron, prénoms celtiques et nom d'un grand clan des Highlands) et écossaises et galloises par sa mère (Mary Mount). Sa grand-mère maternelle s'appelait Llewellyn.
Il a par ailleurs donné des prénoms à consonnance celtiques à ses 3 enfants : Nancy Gwendoline, Arthur Elwen, Florence Rose Endellion (en référence à St Endellion, village de Cornouailles où il séjournait).
David Cameron a accordé le référendum sur l'indépendance de l'Ecosse et sur le Brexit (promesses de campagne) et a donné le statut de minorité nationale aux cornouaillais.
Keir Starmer est par contre lui un pur anglo-saxon.
Ha du get Ewen .
En attendant, le Royaume Uni est un des pays qui respectent le mieux les droits des nations le composant. Si la Bretagne avait le même statut d'autonomie que l'Ecosse ce serait déjà pas mal, ce qui correspondrait aux attentes des fédéralistes bretons qui ne sont pas forcément favorable à l'indépendance. Les avancées de l'archéologie et de la génétique font que l'Angleterre pourrait être amenée à découvrir ses propres racines celtiques. La Bretagne aurait tout à gagner à entreprendre des relations avec Londres, c'est une de nos portes de sortie qui conduit à notre émancipation. Dans ce sens, les parties du militantisme breton conscientes de cet enjeu devraient faire pression sur le conseil régional B4, et également sur le conseil départemental de Loire Atlantique, cela constituerait un argument supplémentaire pour la réunification, tout comme la nécessaire sensibilisation des acteurs économiques vu les complémentarités dans ce domaine, cela aura pour conséquence que la population bretonne regardera davantage vers l'espace maritime davantage que vers l'est, entraînant une prise de conscience massive qui permettra au mouvement breton de sortir de sa marginalité.