
Rostrenen : lancement de « Faisons Bretagne » par Paul Molac
Réalisation : ABP – 422 vues
Intervention complète plus échanges avec la salle
À Rostrenen, devant une centaine de participants, le député breton Paul Molac a officiellement lancé, samedi 18 avril, le mouvement « Faisons Bretagne ». À cette occasion, il a défendu l’idée d’une autonomie régionale accrue et posé un jalon politique en évoquant la nécessité d’une reconnaissance de la Bretagne dans la Constitution.
Le lancement officiel du mouvement « Faisons Bretagne » s’est tenu samedi à Rostrenen, dans les Côtes d’Armor, devant une centaine de participants. La réunion s’est ouverte par une intervention chaleureuse du maire de Rostrenen, Guillaume Robic, qui a exprimé son soutien au projet porté par le député, insistant sur la nécessité de redonner des marges de décision aux territoires.
D’emblée, Paul Molac a inscrit son propos dans une critique globale du fonctionnement de l’État centralisé, qu’il juge à la fois inefficace et déconnecté des réalités locales, allant jusqu’à qualifier ce modèle de « centralité », qu’il présente comme une véritable « maladie française ».
« Nous passons notre temps non pas à nous occuper de nos concitoyens, mais à lutter contre une administration dont on sait très bien qu’un certain nombre de décisions ne seront pas celles qu’il faut », a-t-il déclaré, évoquant une expérience concrète de terrain marquée par des décisions tardives ou inadaptées, notamment en matière de santé ou d’agriculture.
À travers plusieurs exemples — déserts médicaux, gestion de la politique agricole, formation ou apprentissage — le député a dénoncé une organisation où les décisions sont prises loin des territoires, entraînant retards, incohérences et « gabegie d’argent public ».
L’autonomie : une organisation autour des secteurs non régaliens
Face à ce constat, Paul Molac a défini de manière précise ce qu’il entend par autonomie. Loin d’un projet d’indépendance, il s’agit selon lui d’un partage clair des responsabilités entre l’État et les territoires.
« L’armée, la justice, les affaires étrangères […] ça, l’État doit le garder. Mais le reste — l’éducation, la mobilité, la santé, l’économie — ça devrait être en priorité aux collectivités locales », a-t-il expliqué, en reprenant explicitement la notion de secteurs non régaliens.
Dans cette logique, la Bretagne serait en mesure de décider elle-même de politiques essentielles du quotidien : organisation des soins, formation des médecins, évolution du modèle agricole, transports ou encore politiques culturelles et linguistiques. Pour le député, cette proximité décisionnelle est la clé d’une action publique plus efficace.
« L’autonomie, ce n’est pas l’indépendance […] c’est une façon de gérer l’argent public au plus près et de faire mieux avec la même chose », a-t-il insisté.
Autonomie fiscale et pouvoir de décision
Au-delà des compétences, le projet repose également sur une transformation profonde des mécanismes de décision, en particulier sur le plan financier. Paul Molac a plaidé pour une véritable autonomie fiscale permettant aux élus locaux d’agir en cohérence avec leur programme.
« Des élus […] avec des impôts qu’ils peuvent eux-mêmes monter et faire descendre […] c’est tout simplement l’autonomie. […] D’ailleurs, je me demande si on n’appelle pas ça la démocratie », a-t-il lancé.
Il a également critiqué la production normative issue des ministères, jugée trop éloignée des réalités du terrain, et défendu l’idée d’un pouvoir réglementaire partiellement transféré aux collectivités, afin de permettre une adaptation plus fine des règles.
Inscrire la Bretagne dans la Constitution
L’un des points les plus marquants de son intervention concerne la perspective d’une réforme constitutionnelle. Pour Paul Molac, l’autonomie ne peut être durable sans une reconnaissance juridique forte.
« Il faudrait […] changer un jour la Constitution pour inscrire la Bretagne dans la Constitution », a-t-il affirmé, estimant que cela permettrait de garantir un partage clair et stable des compétences.
Une telle évolution pourrait également, selon lui, ouvrir la voie à la reconnaissance institutionnelle de la langue bretonne, notamment à travers une forme de co-officialité.
Un modèle français à contre-courant de l’Europe
Pour étayer son propos, le député a replacé la situation française dans un contexte européen marqué par la généralisation des autonomies régionales. Espagne, Italie, Allemagne, Belgique ou encore Royaume-Uni ont été cités comme exemples de pays ayant développé des formes d’organisation plus décentralisées.
À l’inverse, la France apparaît, selon lui, comme un modèle isolé. « Où reste-t-il un pays centralisé qui est malade ? […] Turquie », a-t-il lancé, dans une formule volontairement provocatrice destinée à marquer les esprits.
Un travail de conviction à mener
Au-delà des aspects institutionnels, Paul Molac a insisté sur la nécessité de mener un travail de pédagogie auprès de la population. Pour lui, l’un des principaux obstacles reste la confusion entre autonomie et indépendance, ainsi qu’un attachement persistant au modèle centralisé.
« Il faut expliquer aux Bretons que l’autonomie […] ça n’a rien à voir avec l’indépendance […] et qu’au contraire ils prendront leur destin en mains », a-t-il souligné.
Le mouvement « Faisons Bretagne » se donne ainsi pour objectif de dépasser le cercle des militants convaincus pour toucher un public plus large, alors même que plusieurs enquêtes d’opinion suggèrent un intérêt croissant pour ces questions.
Un mouvement pour structurer le débat partout en France
Le député a toutefois reconnu que la concrétisation de ce projet passera nécessairement par un relais au niveau national. « Il nous faudra des députés et des sénateurs qui soient capables de défendre ça […] sinon je crains que ça ne reste un vœu pieux », a-t-il prévenu.
La réunion s’est conclue par de nombreux échanges avec le public, portant notamment sur les stratégies à adopter, les alliances possibles et le calendrier politique. L’ambiance, attentive et engagée, a confirmé que la question institutionnelle bretonne reste un sujet vivant, en attente de structuration.
Interrogé sur une controverse évoquée dans la presse concernant le maire de Carhaix, autonomiste de longue date, qui n’aurait pas été invité, Paul Molac a répondu qu’aucune invitation personnelle n’avait été envoyée, précisant que la réunion était ouverte à tous.
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Charte des valeurs de Faisons Bretagne
Source : Faisons Bretagne
Commentaires (25)
De belles, séculaires, justes, nécessaires évidences.
A
La proposition de Paul Molac est intéressante à plus d'un titre. D'abord l'homme est connu, reconnu et apprécié, avec une longue expérience politique. J'apprécie tout cela ainsi que son humilité. Cette initiative n'est pas fermée et permet d'ouvrir à tous ceux, démocrates, humanistes, défenseurs de notre identité de participer ...enfin à une construction qui exige d'être actifs, réunis et convaincants. Il faudra discuter du problème de la Réunification. Sauf erreur de ma part, la vidéo sur You Tube n'évoque pas la question mais le site présente une Bretagne d'Ouessant à Clisson. Autre interrogation qui nécessitera une réponse claire, le problème d'un FN qui a su s'étendre du soutien d'Orban jusqu'à nos fêtes d'écoles rurales, en passant même par ce site de manière très détournée, évoquant le droit d'un milliardaire de s'emparer de la culture pour en faire un axe de combat et de manipulation. En ce qui me concerne, j'appelle ici les personnes qui me liront à avancer avec ce mouvement et dès qu'il sera possible, je l'aiderai financièrement.
Le député Paul MOLAC vient de voter la loi d'euthanasie (prétendue aide à mourir) Comment peut t'on prétendre à un avenir pour la Bretagne quand on choisit la mort?
Commentaire surprenant qui interroge. Est-il destiné à juste donner une opinion minoritaire sur une loi largement désirée par la population ; à ce propos l'actrice française Nathalie Baye qui aimait notre pays avait alerté le président Macron sur l'aide à mourir suite à la longue agonie de sa mère. Car il y a le regard extérieur toujours éloigné de la réalité et la réalité qui vient percuter les croyances. Mais là n'est pas le sujet n'est-ce pas ? On dirait plutôt une petite pique destinée à détourner l'attention, une manière de satisfaire les opposants au thème qui est présenté ici et qui mérite mieux que cela. Une habitude que l'on retrouve ailleurs sur d'autres forums lorsque le sujet dérange.
Quand un dossier sur l'autonomie a été remis à la Première ministre, alors présente au CR B4, ce n'était que du théâtre : il aurait mieux valu, pour avoir une réponse, suivre la voie normale du courrier. C'est la même logique que les vœux de Réunification : aucun courrier de demande officielle n'est jamais expédié à l'Etat. Donc jamais aucune réponse.
Monsieur Molac s'était aligné sur Grosvalet à propos de la pétition des 100 000. Ce fut une grande déception. Il n'était pas le seul bien sûr, il y avait aussi Patrick Mareschal, l'UDB, ALB...
La vraie question est s agit il d une opération commandée par Chesnais-Girard avec une alliance avec le PS des le premier tour ou pas? Dans ce cas tous les militants de bonne foi auront été floués. Chesnais-Girard à déjà fait ça. L autonomie ne doit pas être récupéree par le système PS. Paul Molac doit clarifier les choses à cet égard. Il faut faire tomber le système PS
Monsieur Molac veut rassembler autour de l'autonomie. Mais accepte-t-il aussi les partisans de l'autonomie de la B4, de l'autonomie des PDL ou de l'autonomie du grand ouest ?
Pourquoi toujours Carhaix, Rostrenen ? Bretagne hyper rurale, très à gauche et traditionnellement brittophone ?
Pourquoi proposer quelque chose de plus compliqué à obtenir et dans l'absolu bien moins utile/productif pour le futur : inscrire la Bretagne dans la constitution française, et pas mentionner d'abord ou même à la place (à ce stade de l'histoire contemporaine de la Bretagne) la question de la réunification dans une même région/collectivité de la Bretagne historique, avec Nantes ? Qui ne nécessite pas de changement dans la constitution et intéresse quand même beaucoup plus les bretons.
Sinon OK avec l'autonomie fiscale, c'est une priorité, avec la reconnaissance du breton comme langue officielle sur le territoire de la Bretagne historique (à minima).
Selon le sondage TMO de 2024, moins de 1% de locuteurs bretons en Loire-Atlantique.
Le breton comme langue officielle en Loire-Atlantique? Soyons sérieux.
Tout d'abord, ces 13 000 personnes méritent d'être considérées. Si elles ne le sont pas en Bretagne, où le seront-elles ?
Etre considéré et défendu, comme tous les locuteurs de breton, et encore plus pour ceux qui , précisément, vivent en Bretagne. L'absence de protection et de droits associés aux locuteurs du breton en Bretagne expliquent ces chiffres que vous manipulez.
Votre réaction Dominique David illustre bien pourquoi en Bretagne la situation politique est aussi désespérante comparée à nos voisins : là où ailleurs on connaît l'histoire de son territoire, on reconnaît les éléments ayant forgé son identité, on défend avec fierté les symboles reconnus par sa société, ici en Bretagne certains croient pouvoir faire avancer l'idée bretonne en refusant de reconnaître quoi que ce soit de commun entre les Bretons, ni réel ni culturel. Renoncer ou s'opposer à ce qui peut rassembler, c'est vouloir faire de la Bretagne un Pays de la Loire bis, une somme d'identités locales liées administrativement entre elles, mais sans solidarité ou vision partagée entre habitants.
Il s'agit, pour la Bretagne (et pas pour la seule Loire-Atlantique ou la seule Ille-et-Vilaine), de la reconnaissance du breton en tant que langue référenciaire (cf. l’analyse sociolinguistique d’Henri Gobard, L’Aliénation linguistique). Pour le vernaculaire, il y a risque que le français continue d'écraser les parlers gallos...
De Léon TROSKY dans « Bilan et perspectives » p. 17, (Minuit, 1969), cette lumineuse phrase qui s’offre à une facile adaptation au terrible contexte français moral, économique, social et financier du moment :
« La situation n’offrait à la société qu’une seule issue à ces contradictions : L’accumulation dans la chaudière du ''jacobinisme'' (LT écrit : de l'absolutisme), d’une quantité suffisante de vapeur ''autonomiste'' (LT écrit : révolutionnaire) pour qu’elle explose. »
Pour l'éviter puisque la réforme est toujours préférable, on souhaite que les porteurs de la Dette de l’État, lui fassent efficacement comprendre que sa situation financière n’est plus du tout soutenable.
D'ailleurs, Donald TRUMP n'a-t-il pas vite abandonné son projet fou d'annexion du Groënland dès que les investisseurs vendirent la dette publique des USA avec pour conséquence une forte augmentation des Taux d'Intérêts apte à plomber l'investissement et l'emploi ?
Les épargnants et investisseurs seraient capables de signifier à l'État français que la centralisation jacobine est très contre-productive, plombe son PIB et pousse les Taux d'intérêts à la hausse, pénalise l'investissement et l'emploi. Mais aussi rend encore plus difficile la constitution de l'UE puissance.
Et qu’outre d'indispensables et drastiques réformes institutionnelles et sur son train de vie, il dispose d'un vaste gisement de ressources mobilisables pour commencer à réduire sa propension compulsive à l’endettement, si, au moins, il s’organise en autonomies.
A
Vous dites D'ailleurs, Donald TRUMP n'a-t-il pas vite abandonné son projet fou d'annexion du Groënland
Il n'a pas du tout abandonné ce projet, il a mis peut être sous le tapis vu qu'il a d'autres urgences en ce moment, mais dès que les événements du moyen Orient se seront calmés, sauf embrasement, et après les midterms, il va revenir à l'offensive sur le Groenland, à moins qu' entre temps il aura été destitué. Je suis persuadé que des responsables de son camp MAGA sont prêts à l'écarter du pouvoir, car quelque part paradoxalement, il fait bien l'affaire des démocrates.
C'est à l'UE de cesser avec la naïveté et de faire l'indispensable pour que le Groënland qui ne se veut surtout pas ''américain'', devienne un État souverain membre de l'UE. Le fédéralisme appliqué à l'UE serait un bon moyen pour l'instituer.
Il faudrait commencer par présenter des cartes montrant que si, certes, la grande ile n'est pas membre de l'UE, elle est très liée à l'Europe et que c'est une des conditions de sa souveraine puissance.
A
Cette réunion semble nous dire qu'il faut changer les pratiques et les discours politiques .
Combien l'ont fait depuis des décennies sans que cela ne change ?
Déjà en région administrative , nul ne s'est penché sur le sujet culturel de façon sérieuse et a un projet durable , certes je concède des efforts faits mais il existe des atermoiements concernant la langue bretonne et sur la réunification de la Bretagne : rien .
Je suis circonspect sur la démarche . L'autonomie sans la Loire -Atlantique , il ne faut pas y penser .
Chacun sait qu'il y a une question bretonne en France depuis longtemps et le débat se poursuivra encore . D'autres régions comme l'Alsace s'interroge sur leur avenir ...
La France n'a plus son destin en main financièrement et industriellement , c'est un petit pays qui devra diminuer la voilure faute de moyens . Elle doit se réformer , elle ne le fera pas , arc boutée sur le passé post révolutionnaire et d'une grandeur qu'elle doit oublier pour se relever .
Institutionnellement elle regarde vers le passé dans sa pratique . C'est dommage .
Si je comprends bien, Paul Molac n'arrive pas seul à faire avancer les choses à l'Assemblée nationale et souhaite donc créer un parti pour faire élire d'autres députés partageant cet objectif de changement de constitution.Ce parti a donc vocation à être un outil pour cette stratégie parlementaire : à aucun moment, Paul Molac ne nous dit comment ce nouveau parti se positionnerait dans le jeu politique régional, et en premier lieu au sein du conseil régional vis-à-vis par exemple de Loig Chesnais-Girard. C'est là le point faible de son argumentation : croire que le seul blocage est constitutionnel et parisien, alors que de nos jours la situation est pour bonne partie due à l'absence de conviction et de courage des élus locaux, notamment régionaux, qui refusent tout rapport de force et ne prennent aucune initiative forte, en ce qui concerne la réunification notamment. Je ne suis donc pas convaincu par l'efficacité de l'initiative de Paul Molac.
Des propositions justes et bénéfiques pour la Bretagne, pourvu que l'idée se démocratise !
Monsieur Molac a été particulièrement applaudi quand il a évoqué les cinq départements bretons. Mais que fait-il des autonomistes pro-grand-ouest ou pro-B4, pas toujours déclarés d'ailleurs ? Il n'y a pas que dans les partis français qu'on évite certains débats qui fâchent.
Nous voyons bien que les initiatives se multiplient. ça bouillonne à nouveau partout. A chaque période il y a un élan profond qui s'exprime pour récupérer notre géographie et notre histoire. La musique bretonne, la harpe celtique ont mené la danse. Le CELIB avait mis en place le réseau routier breton GRATUIT. Plogoff et ND des Landes avaient sauvé des sites et des terres en danger. Diwan s'emploie à sauver la langue bretonne, Le Festival interceltique nous rappelle que nous sommes des Celtes parmi les autres. etc J'en oublie. Toutes les occasions sont bonnes pour dire que l'héritage Breton et celtique refuse de disparaître. La tradition est celtique la rhétorique est grecque et la philosophie est romaine (cf C.Guyonvarc'h) . Aucune ne domine à elle seule. L'épaisseur historique nous les donne en partage. Je pense que les Celtes sont les gardiens d'un temple qui dénonce pour sa part l'esprit de domination. Cet esprit de domination anime actuellement une sorte de gouvernement apatride plus ou moins secret, composé de marchands mondialisés et de banques à leur service, qu'une poignée de milliardaires dirige. Le voile se lève sur leurs entreprises scandaleuses avec Epstein en tête, pour le moment. Ce scandale nous invite à mesurer l'ampleur de cette manoeuvre dont les graines ont été semées il y a très longtemps, sans qu'on arrive à les déraciner, depuis des siècles. Sans doute depuis des millénaires si on en réfère à l'esprit du mal. Satan dans le monde, devient visible dans les essais de domination par quelques uns dans les domaines de la finance, de la politique, de l'économie, des sciences, de la culture. Nous allons devoir nous échapper de cette emprise, un par un, puis en famille, dans les villages, les hameaux et les quartiers, de proche en proche, reconstituer nos peuples (souche et adoption) et réinventer la politique, l'économie, selon nos valeurs ancestrales dégagées de leurs erreurs et de nos paresses à les corriger. Le chantier s'ouvre en ce moment avec les nouvelles technologies et techniques. Il va falloir inventer le monde d'après (fission nucléaire, IA, guerre bactériologique, guerre chimique, robotisation, finance mondiale etc...) Alors? Oui Paul Molac, oui Yes Breizh, oui B5, oui Michel Troadec, oui à toutes les Bretagnes et autres initiatives réenracinées. non à la politique des partis et des idéologies, des croyances et des grandes gueules dominatrices...
Ce qui est frappant sur le sujet de l'autonomie, comme celui sur la réunification, ou sur l'avenir du breton, c'est une façon toujours assez scolaire, "primaire" de raisonner ou d'avancer. Il y a un manque de stratégie ou de vision, quelque chose de cet ordre. Et de malice ou juste de volonté d'y parvenir. Il y a des mots sans le contenu et l'intention. Il faudrait presque inverser les choses : pas les mots mais les actions, intentions.
Pour fédéraliser la France, l'on considère que la solution finalement viendra d'"en-haut", d'une coalition de fédéralistes de toute la France, avec un Président fédéraliste. Quelque chose comme cela. Je note d'ailleurs au passage que Paul Molac a soutenu François Hollande et Emmanuel Macron, ce n'est pas un détail. 15 ans de présidences. Avec les "réformes" que l'on connait, toujours en cours, vers plus de centralisme, d'identités et de suffrage universel direct.
L'exemple des autres pays européens est cité. Mais justement, c'est important de comprendre l'Histoire des "fédéralisations" et autonomies dans chaque pays. Que serait le fédéralisme en Belgique sans le nationalisme flamand, l'indépendantisme ? Que serait le système de dévolution en Espagne et Royaume-Uni sans les nationalismes basques, irlandais, catalans et écossais ? Et sans Monarchies ?
Ces mouvements "périphériques" ont obtenu des résultats électoraux très probants, sur un programme nationaliste, indépendantiste. Pas sur le fédéralisme et encore moins sur le devenir des autres régions du pays qu'ils veulent quitter.
Pour la réunification, c 'est un peu pareil, on attend une sorte de coalition hexagonale de régionalistes qui redécouperait toutes les Régions. Il ne semble pas primordial que des élus nationalistes ou autonomistes spécifiquement bretons fassent des résultats locaux significatifs, en particulier dans le 44.
De façon très scolaire on questionne les élus locaux sur un rattachement du 44 à l'actuelle Région Bretagne. Un rattachement pour ainsi dire (et au vu du militantisme breton) de la 6ème de ville de France, à Rostrenen ou Carhaix (dans l'esprit c'est cela), ou plus basiquement de Nantes après "sécession" des Pays de la Loire dont elle est capitale (comment ? pourquoi ? Mystère), à la Région de Rennes. Non seulement l'objectif en 1 seule étape parait très compliqué à obtenir (rattacher Nantes sans s'élargir et changer profondément), mais on ne se donne pas une once de chance de peser, de pressionner, d'y arriver en fait.
Pour la langue bretonne, on s'engage dans un truc enfantin. Comme le breton n'était pas parlé dans le pays rennais, on cherche à combler un "trou", "un vide" mortifère de gestion "plurilinguiste" régionale, avec le gallo, propulsé en catalan de l'Ille-et-Vilaine, sans le moindre avenir, mais qui consacre la mort du breton et son rabougrissement territorial (le tout sans poser le moindre cadre clair, même pour la réserve du Kreiz Breizh). Breton relégué au range de champenois ou de morvandiau fédéraliste.
En Belgique, qui gère l'enseignement du flamand ? Le gouvernement de la Belgique ? Bien sûr que non. Mais ce serait le cas, si le belge était une langue. De Charleroi à Bruges.
C'est mal barré puisque, si j'ai bien compris, "Ensemble pour l'autonomie" est un contrefeu de Troadec contre le projet "Faisons Bretagne" de Molac. Quelqu'un peut m'expliquer pourquoi on ne peut plus faire un binôme comme en 1979, heureux temps de Régions-Europe, où Jean Edern Hallier et le sénateur Bernard Legrand conduisaient (cahin caha) l'équipage ? Une chose est sûre, un tel mouvement ne peut se faire qu'avec l'apport des intellectuels, des cultureux et des artistes bretons : tant qu'on comptera sur les dérisoires apparatchiki des "partis" bretons, on peut continuer à sourire amèrement...
tant que nous resterons dans l'ue rien ne bougera connaissez vous les gopés grande orientation de politique économique auquel on doit s'astreindre
Ces 50 dernières années, 90% des bretonnants ont disparu. Le sujet de la réunification n'a pas avancé. La Bretagne est en état d’urgence. Face à cela, Paul Molac et Christian Troadec sont deux des plus importants piliers politiques bretons. Ils peuvent avoir des stratégies et des points de vue différents sans que cela soit nécessairement un problème. Si j'ai bien compris, le premier lance un mouvement pour les législatives, le second vise les régionales. Où est le problème?