Banque de Bretagne : Bretagne Réunie avait écrit en juillet à la présidence du CA
Lettre ouverte de Bretagne Réunie

Publié le 16/10/11 23:34 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Le 20 juillet 2011, Bretagne Réunie avait écrit à la présidence du Conseil d'administration au sujet de la rupture avec la Banque de Bretagne devenant "BNP Paribas". ( voir l'article ).


Madame, Monsieur le Président du Conseil d'Administration de la Banque de Bretagne

18 quai Duguay Trouin

CS 76424 

35084 Rennes


Nantes le 20 juillet 2011


Madame, Monsieur le Président,


La presse s'est fait écho d'une réorganisation prochaine et profonde de la banque de Bretagne, qui va se traduire par la suppression de ses agences dans le département de la Loire-Atlantique. Il n'appartient pas à Bretagne Réunie de porter un jugement sur cette décision mais en revanche il apparaît de son devoir d'attirer votre attention sur cette partition que nous croyions contraire aux intérêts des Bretons.

Bretagne Réunie, consciente qu'une région doit respecter les hommes et les territoires, s'est fixée pour objectif la réunification administrative de la Bretagne. Elle fonde son challenge sur l'acceptation que l'avenir d'une société locale s'appuie sur les forces du présent qui se nourrissent des enseignements et richesses du passé.

C'est pourquoi, Bretagne Réunie voyait dans la banque de Bretagne un acteur économique qui s'appuyait sur une réalité régionale identifiable.

Fort d'un réseau direct et indirect de plusieurs milliers d'adhérents, je ne vous cache pas que j'ai dû freiner leurs ardeurs, car certains d'entre eux ont trouvé très choquant ce qu'ils considèrent comme une discrimination. En outre, il me semble que cette décision n'a pas besoin d'accompagnement médiatique négatif. Les adhérents de Bretagne Réunie m'ont donc saisi de cette étrangeté.   

C'est pourquoi, Bretagne Réunie souhaite attirer votre attention sur les conséquences d'une décision qui pourrait aller à l'encontre de l'économie régionale.

Nous nous permettons tout d'abord de vous rappeler que, Nantes est incontestablement depuis plus de onze siècles, la ville principale de Bretagne. C'est le gouvernement de Vichy, en collaboration avec les nazis, par le décret du 10 juin 1941, qui imposa pour la première fois la partition de la Bretagne. Toutefois, malgré celle-ci, plus personne ne conteste le fait que notre département est breton.

Aujourd'hui, selon le sondage gouvernemental de mars 2009, 68 % de la population de Loire-Atlantique exprime fortement son sentiment d'appartenance breton. Il émane à la fois de sa population mais aussi de l'ensemble des acteurs qui contribuent au développement de la Bretagne tels que :

– les acteurs économiques dont l'association « Produit en Bretagne » qui fédère 230 entreprises et compte plus de 100.000 salariés ;

– la représentation culturelle (le Conseil Culturel de Bretagne et Kevre Breizh fédérant 50.000 membres représentant une influence de 600.000 personnes, l'Institut Culturel de Bretagne, la Coordination des Juristes de Bretagne, le Collectif Breton pour la Démocratie et les Droits de l'Homme, Eurominority, le Club de Bretagne, l'Association des Dîners Celtiques, l'Association des Cadres bretons, l'Association Bretonne, la Fédération des Bretons de Paris, ainsi que les organisations de réflexion et de prospection tels que Bretagne Prospective, le CPL, l'UPF, l'Institut de Locarn…) ;

– les acteurs politiques dont 5.000 d'entre eux ont signé la « charte des élus pour la réunification » du territoire breton ou voté des vœux allant dans ce sens. En outre, cette volonté a été clairement affichée au travers de plusieurs vœux votés en faveur de la réunification par le Conseil régional de la région administrative « Bretagne » et par le Conseil général de Loire-Atlantique ;

– les 100 premiers signataires de l'appel pour la « réunification » du 10 février 2009, personnalités illustres du monde économique, journalistique, économique, culturel, politique, enseignants de haut niveau ;

– les quatre derniers présidents de la République : Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand, Jacques Chirac et, plus récemment (discours du 27 novembre 2009), Nicolas Sarkozy, ont confirmé l'origine bretonne de la Loire-Atlantique. Le rapport Balladur dans sa première mouture préconisait la réunification de la Bretagne ;

– des acteurs européens dont Lluis Maria de Puig, président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe ou encore Madame Reding, vice-présidente de la Commission européenne ;

– et de façon plus symbolique, les nombreuses collectivités du pays nantais qui arborent déjà le drapeau breton. J'en citerai quelques-unes, le Conseil général de la Loire Atlantique, les villes de Nantes, Saint-Herblain, Pornic, La Remaudière, Blain, Guérande, Nozay, Le Fresne…


Pour résumer, outre sa pertinence historique, la Bretagne existe déjà sur les plans :

– culturel, avec la très officielle charte culturelle qui concerne l'ensemble du territoire breton ;

– économique, notamment avec la marque « Produit en Bretagne », gage de dynamisme et qui regroupe également de nombreuses entreprises de la Loire-Atlantique ;

– politique, les vœux des instances locales ou la position au plus haut niveau de l'État montrent qu'une nouvelle régionalisation est proche ;

– judiciaire, puisque la Cour d'appel de Rennes s'étend aux 5 départements bretons ;

– administratif, notamment avec l'exemple de la Loire-Atlantique qui est intégrée à la même DIRM (Direction Inter Régionale de la Mer) que les quatre autres départements bretons.


Par conséquent, le maintien de la Banque de Bretagne en Loire-Atlantique répondrait à l'attente de population régionale et des acteurs économiques ainsi qu'à une pratique déjà admise par les autorités locales et nationales.

Une telle initiative serait saluée par Bretagne Réunie qui ne manquerait pas de la relayer aussitôt auprès de ses adhérents directs et indirects. Vous conviendrez, qu'il s'agit là d'un vivier de clients non négligeable.

J'ai bien compris que le groupe BNP est confronté à un nécessaire développement de ses activités mais je m'interroge pour savoir si une telle décision n'a pas un caractère quelque peu hâtif, n'est pas en décalage par rapport à un découpage régional qui a vocation à être revu, s'affranchit de l'espoir que la société bretonne place dans une véritable régionalisation.


Dans ces conditions, je vous soumets trois hypothèses.

1°) Dans la perspective probable et prochaine d'une redistribution régionale à l'échelle de la France, la prudence recommanderait de surseoir à l'application de votre décision.

2°) La Banque de Bretagne s'engage dans un processus de marketing à l'échelle régionale en soumettant à ses adhérents les deux possibilités, celle présentement décidée et l'autre qui conclurait au maintien de la Banque de Bretagne sur les 5 départements bretons.

3°) Annulation de votre décision et sans concertation, en maintenant la situation initiale qui date quand même de 1979.

 


Nous avons donc tout à gagner en conjuguant nos efforts pour rapprocher nos points de vue.

 

Dans l'attente de vous lire pour connaître votre avis sur ce sujet, je vous prie de recevoir l'expression de ma plus haute considération.


Paul Loret, président de Bretagne Réunie.


Bretagne Réunie 

BP 49032 

44090 Nantes Cedex 1

(voir le site)  de Bretagne Réunie.   

Nos contacts :    contact [at] bretagne-reunie.org   et   06 82 67 19 46

Paul Loret

Document PDF 23503_2.pdf Lettre de Bretagne Réunie à la présidence du CA de la Banque de Bretagne. Le 20 juillet 2011.. Source : Bretagne Réunie
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Fondée en 1980, l'association Bretagne Réunie, Comité pour l'unité administrative de la Bretagne, régie par la loi de 1901, se donne comme but la reconnaissance comme collectivité territoriale d'une région Bretagne formée des actuels départements des Côtes-d'Armor, du Finistère, de l'Ille-et-Vilaine, de la Loire-Atlantique et du Morbihan. L'association se définit comme démocratique, unitaire et apolitique. Elle agit pour et dans le respect des droits de l'Homme et des libertés fondamentales. Bretagne Réunie BP 49032 44090 Nantes/Naoned cedex 1
Vos 1 commentaires
J-Luc Le Floc'h
2011-10-17 10:45:58
Je me permets ici de faire valoir un argument auquel tout un vaste public peut-être sensible
Une banque régionale, à offre commerciale comparable, se distingue par le territoire qu’elle entend irriguer.
La péninsule bretonne a, au moins autant que les autres territoires, et plus encore à certains égards compte tenu de son histoire et de sa géographie, besoin que soient pris en compte son développement économique et sa territorialité . C’est une question de justice historique et géographique. C’est une question d’avenir.
Dans ce contexte, Nantes, qui est indiscutablement un poids lourd économique à échelle péninsulaire joue un rôle particulier. La richesse produite à Nantes à une vocation privilégiée à dynamiser l’ensemble de la péninsule dont elle est une porte d’entrée. Le destin économique de Nantes est intimement lié à celui de sa péninsule et réciproquement.
Certains de nos édiles, englués dans des problématiques politiciennes et de jeux de pouvoir à courte vue, ou tout simplement dépourvus de la culture ad hoc, ne perçoivent ni les enjeux ni la configuration des territoires historiques et naturels qui étaient là bien avant eux et qui seront là bien après eux.
On peut attendre qu’une banque qui , par métier est appelée à inter-réagir sous un angle économique, mais pas seulement, avec un territoire de référence géographique et humain, à s’y ancrer dans la durée longue, qui n’est pas celle d’un bout de carrière politique, on peut attendre qu’une telle entreprise regarde de près les conséquences et la portée de toute décision, qui derrière l’apparente organisation interne, touche à l’image publique et au rapport avec le territoire auquel elle prétend s’adresser.
Ce type de décision, parait stupéfiant en cela qu’il détruit a posteriori si l’on regarde en arrière, et a-priori si l’on regarde en avant, tout un discours publicitaire et d’approche du public. A minima, des acteurs économiques qui dispose d’une gestion indépendante - particuliers et petites entreprises, spécialement – et a donc les mains libres.
Si l’on regarde les dynamiques déjà à l’oeuvre ou en germe en Europe – subsidiarité, décentralisation pour la France, dévolution, régionalisation, chez nos voisins – on ne peut qu’être surpris de ce que l’annonce du groupe BNP heurte de plein fouet des tendances lourdes, généralisées sous différentes modalités, et pour ainsi dire, les ignore avec superbe.
Une telle annonce laisse perplexe, parce qu’elle constitue une forme de violence sociétale à l’égard de beaucoup, mais aussi parce qu’elle conduit à s’interroger sur le niveau de clairvoyance de ceux qui en décident ou la promeuvent.
Les habitants de Bretagne, singulièrement les Nantais, attendent autre chose d’une banque qui a pignon sur rue. Ils attendent qu’elle s’inscrive sans équivoque dans l’espace et dans le temps. Qu’elle s’inscrive dans la dynamique d’une société, et le courant de ses aspirations.
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