
Le projet de redécoupage des régions présenté par LFI pour laisser place aux "écorégions" n'est qu'une nouvelle tentative pour détruire ou marginaliser nos vieux territoires et les peuples qui s'y trouvent. Au nom de l'écologie, on peut fort bien déshumaniser. Les temps qui viennent risquent d'être très difficiles pour la Bretagne, avec LFI et le RN, favori des...
Le projet de redécoupage des régions présenté par LFI pour faire place aux « écorégions » autour des bassins versants et des fleuves conduirait à la disparition de la Bretagne au profit d’une nouvelle création territoriale. Et si les contours de notre « région » demeuraient inchangés car pour rien au monde LFI envisage de supprimer les départements, qu’en serait-il du nom même de Bretagne ?
Ce n’est pas la première fois que, depuis Paris, des plans sont échafaudés pour éliminer jusqu’à la dernière trace de nos vieilles « Provinces ». La délimitation de régions pour briser l’unité des peuples est l’un des moyens privilégiés par toute domination de type colonial. Mais cette fois-ci, l’argument écologique est astucieux.
Difficile de négliger la question climatique, mais lorsque le climat est instrumentalisé pour déshumaniser, il faut tout de même se poser quelques questions.
Cette proposition s’inscrit dans la tentation consistant à réduire l’humain à la mesure de l’identité nationale. Or nos vieux territoires ont du sens. Ils recèlent des peuples qui offrent une part d’altérité au sein du système France. C’est à ce titre que Paris cherchera toujours à les détruire ou à les marginaliser.
Ces gens font exactement comme si nous n’existions pas en tant que Bretons, comme si notre vieux territoire, que nous avons marqué de notre empreinte durant des siècles, n’avait la moindre signification.
Et si demain la Bretagne n’existait plus, nous ne pourrions plus sauver notre culture et nos langues en grande difficulté. Pour cela, il faut un pouvoir autonome en phase avec son territoire historique et l’identité du peuple.
La Bretagne actuelle est amputée de la Loire-Atlantique et de la moindre autonomie politique. La volonté affichée par LFI de ne lui donner d’autre justification que l’écologie serait une régression sans nom et une injure à notre identité bretonne.
Surtout, l’argument écologique est illusoire. Ce sont les vieux peuples qui vivent en lien avec leur terre qui sont le mieux à même de respecter leur environnement et la biodiversité. (déclaration de la COP 15 sur la biodiversité à Montréal). Un peuple qui ne sait même plus qu’il existe ne respectera jamais sa terre.
Se servir du climat pour détruire l’humain ne sauvera jamais la planète, mais confortera l’autoritarisme du Pouvoir en place. C’est l’objectif recherché par Mélenchon, grand admirateur de Robespierre. Nos vieux peuples sont autant de poches de résistance à la toute puissance du Pouvoir central. L’écologie ? Il s’en moque. Ce n’est pour lui qu’un moyen d’accéder au pouvoir.
Nous faudra-t-il aussi mettre un terme à l’unité judicaire de la Bretagne historique, à laquelle nous tenons, pour que la justice soit rendue au sein d’une nouvelle Cour d’appel épousant le bassin versant de la Loire ? La justice sera-t-elle mieux rendue ?
Si l’on ajoute à cela que le Rassemblement National, favori des sondages, poursuit l’objectif de détruire nos « régions », nous mesurons le danger du contexte actuel.
Pour conjurer ce mauvais sort, il nous faut mettre un terme au renoncement ambiant. La « région Bretagne » fonctionne aujourd’hui comme un relais docile du Pouvoir central.
De renoncement en renoncement, il arrive qu’un pouvoir disparaisse. Et si la Bretagne devait être rayée de l’histoire, que restera-t-il de notre peuple et de ses potentialités de développement ? C’est ce qui nous menace aujourd’hui. Il est plus que temps d’opposer à Paris une volonté d’être, pour rappeler cette évidence que la Bretagne est notre terre et que nous n’accepterons jamais qu’elle disparaisse.
Mais il faudra encore dépasser cet esprit de chapelles qui fait qu’il est si difficile de s’unir en Bretagne, même autour de préoccupations évidentes.
C’est à l’épreuve que l’on juge les hommes comme les peuples. Lorsque l’orage se présentera, saurons-nous encore faire peuple ? C’est la question qui me tourmente en ce moment.
Yvon OLLIVIER
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Commentaires (25)
En parlant de rivière et en voyant la carte, il est important de rappeler à LFI que l'Eure-et-Loir est identifiable par son côté 'coincé'. En effet, 80 % des habitants vivent aux environs de l'Eure et de ses affluents, donc dans le bassin de la Seine et non de la Loire. Les deux principales villes, Chartres (Beauce) et Dreux (Île-de-France historique), illustrent cela. De plus, 100 % de ce département fait partie du bassin parisien et entretient des liaisons fortes avec Paris. En revanche, le lien avec Clermont-Ferrand ou la Creuse est inexistant.
N'entrons pas dans un "faux débat". La Bretagne existe, un point c'est tout. Refusons toute discussion sur ces "propositions". Ne participons à aucune réunion à ce sujet. Ce que j'écris là est déjà trop. STOP. Yvan
Bizarre, cette politique de l'autruche. Alors que les conseils régionaux sont des nains politiques, la publicité donnée au découpage régional est de plus en plus grande. Par exemple, les élèves n'apprennent plus la carte des départements, mais celle des régions. Des produits alimentaires se réfèrent aussi à cette carte.
Si je comprends bien la carte, la Normandie, en tant que vieille région historique, disparaît dans un ensemble gigantesque.
Elle ne disparaît pas vraiment, en fait. D'ailleurs, la Manche ne fait pas partie du réseau hydrographique de la Seine, mais est tout de même rattachée à Paris et Rouen sur la carte. Naturellement, géographiquement, elle partage la Manche ouest et la Baie du Mont-Saint-Michel avec la Bretagne, pourtant... et fait partie du Massif armoricain, comme ces paysages et habitats traditionnels le prouvent.
Si le pays nantais ou la Loire-Atlantique n'est plus en Bretagne (selon LFI, mais pas que), alors je me demande si cela signifie que la Bretagne n'est pas en France. Cela semble conforme aux jacobins et autres colonialistes qui produisent de tels projets.
Précisions sur les délimitations et les cultures : https://reporterre.net/Jean-Luc-Melenchon-Une-nouvelle-gauche-d-action-a-surgi-elle-est-faite-d-insoumis-et-de. Qu'en est-il des réajustements opportunistes des politiques ?
La Réunification semble exclue parce que les divers découpages proposés sont l'affaire des seuls politiques. Et cela depuis des décennies. Or, il est possible de donner la parole aux citoyens localement. L'Alsace avait organisé une consultation en ligne sur la sortie de sa région de rattachement. Donc, le Conseil départemental de la Loire-Atlantique peut le faire aussi. Mais le mouvement breton (à l'exception de Bretagne Réunie) ne cherche pas du tout à faire pression sur le CD 44, se contentant de dire, à tort, que tout est la faute de l'État.
Nantes va être affecté par la montée des océans. Dans ces conditions, peut-il prétendre demeurer une capitale régionale, quelle qu'elle soit ? L'Indonésie a bien déménagé sa capitale.
Angers semble toute désignée dans la carte en illustration.
Les "écorégions fluviales" de LFI me font penser à une ratatouille digne de la malbouffe. Quant à Angers comme "capitale", cela me renvoie à la 2e guerre mondiale, période durant laquelle cette ville était le siège d'une "région ouest" délimitée par le Haut-commandement allemand.
Juste une question : d'où vient cette carte ? Est-ce vraiment une carte proposée par LFI ? Ce n'est pas clair.
J'ai un gros doute en voyant le département du Rhône... rattaché à autre chose qu'à la région visiblement prévue pour le bassin rhodanien (de l'Ain aux Bouches-du-Rhône, mais pas le Gard, ce qui est étrange) !
Rappelons que le bassin hydrographique de Bretagne comprend bien l'estuaire de la Loire et ses deux affluents, l'Erdre et la Sèvre. Donc, c'est encore un faux argument pour nous empêcher de vivre dans notre territoire authentique.
Tout le Nord du 44 (convergence de nombreuses rivières hormis l'Erdre) fait partie du réseau hydrographique de la Vilaine. Pas de la Loire.
0% de la Région Bretagne fait partie du réseau hydrographique de la Loire, tout comme 0% du département de la Manche fait partie du réseau hydrographique de la Seine.
Il y a le canal de Nantes à Brest qui est présent depuis des siècles. Ce canal a été prévu par les États de Bretagne avant sa suppression en 1789.
Une région B4, c'est stupide, car LFI a fait ses meilleurs scores en Bretagne, dans 5 départements, sauf en 56. Donc, c'est se tirer une balle dans le pied que de séparer le 44 du reste de la Bretagne.
Mélenchon nous déteste, ce n'est pas nouveau.
Les jacobins nous détestent.
Il s'agit d'une situation qui dépasse un simple blocage politique.
C'est même le seul sujet sur lequel il n'a jamais changé d'avis. L'extrémiste jacobin demeure définitivement incurable.
L'IA transforme le sens de messages intelligibles et censure sans raison. C'est lamentable et cela reflète une société du contrôle ubuesque. C'est une véritable régression.
Les humains n'ont pas à entrer dans le moule langagier de l'IA.
Attention danger ! Comme il y a la « Seine-et-Oise » et la « Saône-et-Loire », et tant d’autres appellations fluviales pour nommer des départements, il est à craindre que, pour parler de la Bretagne, le pouvoir jacobin ose prochainement parler de « l’Oust et Vilaine ».
Pour parler de la B4.
Lors d'un récent discours à Paimpont, Mélenchon aurait fait la promotion de ses écorégions, tout en mettant les rieurs de son côté, aux dépens de la Réunification.