
Bretaigne DAO poursuit la constitution de son corpus historique avec de nouvelles reproductions manuscrites, des instruments de recherche juridiques et une campagne de numérisation engagée auprès des Archives des Côtes-d’Armor. Parmi les avancées récentes figurent une copie ancienne du testament de Claude de France conservée à Carpentras et le repérage de treize lettres d’Anne de Bretagne adressées à l’évêque et au chapitre de Tréguier.
Le testament de Claude de France : une copie ancienne accessible à l’étude
La Bibliothèque-musée Inguimbertine de Carpentras a transmis à Bretaigne DAO trois photographies numériques du manuscrit 1805, appartenant à la collection Peiresc.
Ces vues couvrent les folios 359 verso à 362 recto et donnent accès à une copie ancienne du testament de Claude de France, duchesse de Bretagne, épouse de François Ier et fille d’Anne de Bretagne.
Le texte intéresse l’histoire des successions dynastiques du début du XVIe siècle, notamment par les dispositions concernant le dauphin François et ses frères Henri et Charles.
Son examen fait également apparaître une discordance chronologique. Alors que la notice du Catalogue collectif de France mentionne le 6 juillet 1524, la copie photographiée porte le 26 juillet 1524 dans sa rubrique comme dans la datation finale. Cette dernière date se retrouve dans d’autres transcriptions connues du testament.
Une différence entre une notice de catalogue et une copie manuscrite ne permet cependant pas, à elle seule, de conclure sur la valeur ou la filiation du témoin. Il faut comparer les différentes copies, les éditions et les documents contemporains. Les recherches portent donc sur d’autres témoins signalés notamment à la Bibliothèque Mazarine et à la Bibliothèque nationale de France, afin de reconstituer la tradition documentaire de l’acte.
À Rennes, les anciennes bibliothèques juridiques livrent leurs instruments de travail
Une autre partie de notre travail concerne les collections patrimoniales de la Bibliothèque des Champs Libres à Rennes.
Plusieurs manuscrits liés à la jurisprudence et à la Coutume de Bretagne ont été obtenus sous forme numérique, notamment les Ms 94, 99, 100, 106 et 107, associés aux travaux de Poullain du Parc. Ils permettent d’étudier les raisonnements des juristes bretons, les actes de notoriété, les consultations et l’application de la Coutume devant les juridictions de l’Ancien Régime.
Notre corpus comprend également plusieurs catalogues historiques de la bibliothèque des avocats au Parlement de Bretagne, dont ceux de 1750 et 1753, ainsi que le manuscrit Ms 2041, établi vers la fin du XVIIIe siècle.
Les Ms 319 et 320 permettent quant à eux de reconstituer l’ancien classement des titres du Trésor du château de Nantes. Le Ms 319 est un inventaire établi entre 1565 et 1579 ; le Ms 320 est une table alphabétique datée de 1773. Leur rapprochement fournit une méthode prometteuse pour retrouver les anciennes désignations de chartes, traités, contrats et privilèges ducaux, puis rechercher leurs concordances éventuelles avec les cotes actuelles.
Le 28 octobre 2026, les Champs Libres ont également apporté de nouvelles indications concernant plusieurs manuscrits de droit breton, notamment des recueils d’arrêts associés à Chappel.
Ce travail ne vise pas seulement à accumuler des fichiers. Il cherche à comprendre comment les archives ont été classées, copiées, citées et parfois dispersées au fil des siècles.
Treize lettres d’Anne de Bretagne signalées à Tréguier
Une campagne de reproduction est engagée auprès des Archives départementales des Côtes-d’Armor.
Le répertoire officiel du fonds du chapitre cathédral de Tréguier décrit, sous la cote 2 G 310, treize lettres d’Anne de Bretagne adressées à l’évêque et à son chapitre entre 1493 et 1507. Une fiche pédagogique des mêmes Archives attribue toutefois la lettre du 27 avril 1498 à la cote 2 G 311. Cette discordance de cotation a été signalée et devra être levée avec le service de reproduction lors de la livraison des images.
Une partie de cet ensemble — au moins neuf pièces selon une bibliographie ancienne — a été publiée au XIXe siècle par Joachim Gaultier du Mottay sous le titre « Lettres inédites de la duchesse Anne ». Henri Hauser a ensuite signalé cette publication en 1906 dans Les Sources de l’histoire de France — Seizième siècle.
Notre démarche consiste à revenir aux pièces conservées afin de contrôler les transcriptions publiées, les dates, les titulatures, les adresses, les mentions dorsales et les éventuelles traces matérielles de validation.
Les Archives des Côtes-d’Armor ont proposé la réalisation de 25 prises de vue pour 16,50 euros. Notre accord a été transmis le 29 octobre 2026. Les images sont donc attendues : elles ne sont pas encore reçues ni étudiées par Bretaigne DAO.
Cet ensemble permettra de préciser les relations entre Anne de Bretagne, les institutions religieuses et l’administration du duché à la charnière des XVe et XVIe siècles.
Des archives bretonnes dispersées dans plusieurs pays
Ces démarches s’inscrivent dans une enquête plus vaste.
En Espagne, Bretaigne DAO a réuni les reproductions de plusieurs actes conservés à l’Archivo General de Simancas, notamment des documents de 1483 relatifs aux accords entre François II et les Rois Catholiques. En Angleterre, des reproductions d’actes diplomatiques conservés à The National Archives ont permis de documenter les relations d’Anne de Bretagne avec Henri VII. Ces dossiers ont déjà fait l’objet d’articles sur l’Agence Bretagne Presse.
Les recherches se poursuivent en Italie, notamment dans les archives de Turin, où plusieurs dossiers concernent les prétentions successorales de la Maison de Savoie sur le duché de Bretagne. D’autres investigations portent sur les dispenses pontificales liées aux mariages d’Anne de Bretagne, les contrats dynastiques et les actes associés aux événements de 1532.
Une cote identifiée n’est pas un original acquis ; une reproduction n’est pas encore une transcription vérifiée ; et une pièce originale n’établit pas nécessairement la validité des prétentions qui lui ont ensuite été associées. Ces distinctions restent fondamentales dans notre méthode.
Un ouvrage historique construit parallèlement au dépouillement
L’ensemble de ces travaux contribue à la préparation d’un ouvrage consacré au duché de Bretagne, à ses institutions, à ses relations diplomatiques et à la transmission de ses archives.
Chaque document est progressivement intégré à un corpus organisé selon sa provenance, sa cote, sa date, son statut matériel et ses éventuelles variantes.
Notre programme Linked Brittany vise également à relier numériquement les personnes, les lieux, les institutions, les événements et les documents à travers leurs références archivistiques. Cette méthode doit faciliter l’étude et la transmission d’un patrimoine documentaire breton aujourd’hui réparti entre de nombreux établissements français et étrangers.
Bretaigne DAO remercie les équipes de la Bibliothèque-musée Inguimbertine, de la Bibliothèque des Champs Libres et des Archives départementales des Côtes-d’Armor, ainsi que les autres institutions patrimoniales qui accompagnent ces recherches.
Notre ambition demeure la même : revenir aux sources, distinguer les faits établis des hypothèses et rendre l’histoire de Bretagne toujours mieux documentée et accessible.
Principales références documentaires
Bibliothèque-musée Inguimbertine, Carpentras, collection Peiresc, Ms 1805, fol. 359v–362r.Bibliothèque des Champs Libres, Rennes, Ms 94, 99, 100, 106, 107, 319, 320 et 2041.Archives départementales des Côtes-d’Armor, fonds du chapitre cathédral de Tréguier, ensemble décrit sous 2 G 310 dans le répertoire général ; cotation définitive des pièces à confirmer lors de la reproduction.Joachim Gaultier du Mottay, « Lettres inédites de la duchesse Anne », Mémoires de la Société archéologique et historique des Côtes-du-Nord, t. III, 1857-1860.Henri Hauser, Les Sources de l’histoire de France — Seizième siècle, t. I, Paris, 1906, p. 35.Archivo General de Simancas, PTR, LEG, 92, 5 et RGS, LEG, 148312, 246.
Bretaigne DAO — DUCHÉ DE BRETAGNE / Linked Brittany
https://www.bretaigne.bzh/
Note éditoriale : les reproductions de Tréguier sont commandées mais n’ont pas encore été reçues. Les photographies communiquées par les institutions ne seront pas publiées sans vérification préalable de leurs conditions de réutilisation.
Article préparé avec l’assistance d’outils d’intelligence artificielle. La vérification des sources et la validation éditoriale demeurent sous la responsabilité de Bretaigne DAO.
Commentaires (4)
Mes sincères remerciements aux chercheurs bretons qui, avec patience et détermination, tentent de décrypter les documents épars et les vérités cachées de l'histoire ancestrale de la Bretagne, hors le joug consensuel et la propagande française.
Puissiez-vous éviter toutes les ornières profondes et refus fallacieux qui ne manqueront pas de se constituer.
D'avance, tout mon soutien et espoir.
Sincèrement vôtre,
ILS
Mes sincères remerciements aux chercheurs bretons qui, avec patience et détermination, tentent de décrypter les documents épars et les vérités cachées de l'histoire ancestrale de la Bretagne, hors le joug consensuel et la propagande française.
Puissiez-vous éviter toutes les ornières profondes et refus fallacieux qui ne manqueront pas de se constituer.
D'avance, tout mon soutien et espoir.
Sincèrement vôtre,
ILS
Merci à Bretagne DAO.
Compte tenu des très probables fortes pressions provenant de son mari François Ier pour s'approprier le riche Duché de Bretagne, il est pour le moins prudent de douter de l'authenticité du testament de Claude. La Reine y dénie les volontés maintes fois exprimées par Anne, justement obsédée par la préservation de l'indépendance du Duché et qui le confie à son autre fille Renée. Il s'agissait d'éviter qu'un enfant royal devienne Duc de Bretagne. Ce douteux testament, qui plaît certainement en France, doit être questionné. Cette affaire de dates : « 6 juillet 1524 / 26 juillet 1524 » est étonnante.
Toutes mes félicitations aux chercheurs, bibliothécaires et conservateurs qui agrègent ainsi peu à peu la mémoire de la Bretagne.