
Discours de Koun Breizh Commémoration du 26 juillet 2026 : 538e anniversaire de la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier.
Il y a 538 ans, sur cette lande, se déroulait la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier.
Une bataille parmi tant d’autres dans l’histoire de l’humanité. Une bataille où s’affrontaient des hommes de nombreuses nationalités. Et nous savons qu’il y avait des Français et des Bretons dans les deux camps.
Cette bataille a précipité pour nous un processus de perte d’indépendance, avec un traité rapidement violé et la perte progressive de nos libertés.
Au-delà de la dimension historique factuelle, cette bataille nous rappelle une chose essentielle.
Notre histoire ne commence pas en 1789, comme on voudrait nous le faire croire. Le peuple breton existait bien avant cette date et il est encore debout aujourd’hui, malgré tout. Ce rassemblement d’aujourd’hui le démontre une fois de plus.
Nous sommes riches d’une histoire glorieuse, marquée par la volonté farouche de perpétuer notre indépendance et le souci constant de ne jamais se laisser dicter sa volonté par quiconque.
Les historiens allemands rappellent que jamais les Francs ne purent venir à bout des Bretons. La révolte grondait en permanence.
Mais de cette histoire-là, vous n’entendrez jamais parler à l’école de la République, ni même à l’Université. L’histoire de nos belles régions se résume à celle de leur incorporation à la France.
Avec Koun Breizh, depuis de longues années, nous cultivons cette mémoire bretonne, avec la mise en place de plaques ou de statues commémoratives, avec des actions juridiques pour sauver nos menhirs, notre toponymie ou nos calvaires, et beaucoup d’autres choses encore dont nous vous parlerons à l’automne.
Notre histoire doit être connue des Bretons. Le peuple breton n’est pas réductible à la « région » Bretagne privée de la Loire-Atlantique et dotée de compétences dérisoires. Cette région fonctionne aujourd’hui comme un simple relais du pouvoir central.
Le peuple breton vaut beaucoup mieux que ça. C’est la liberté et le grand large qui l’appellent.
Notre histoire nous aide encore à penser le présent et à réagir utilement lorsque le péril menace. Nous avons déjà beaucoup perdu, mais il est toujours possible de perdre plus encore, comme le nom même de « Bretagne ».
La conjoncture politique française est terrifiante. Il nous faut en être conscient. Le RN, favori des sondages pour l’élection présidentielle promet la disparition des régions. L’autre parti extrémiste, LFI, envisage un nouveau redécoupage des régions selon les bassins versants au nom des préoccupations écologiques.
Demain, il se pourrait bien que les troubles politiques qu’affronte la nation France conduisent à l’éradication pure et simple de la Bretagne.
Cette évolution est la suite logique d’une république jacobine.
Nous savons tous que sans collectivité dotée d’une véritable autonomie, il est vain de prétendre sauver nos langues et notre culture. Alors sans un territoire nommé Bretagne, comment le ferions-nous ? Ce serait la fin de toutes nos espérances.
Lorsque le péril deviendra réalité, saurons-nous faire peuple ou poursuivrons-nous dans la voie du renoncement ?
De renoncement en renoncement, il arrive qu’un peuple disparaisse purement et simplement.
Mais il arrive encore qu’un peuple se ressaisisse et trouve en lui les ferments d’une résistance qu’on ne lui connaissait plus.
C’est dans notre mémoire collective que nous trouverons le ressort de la résistance aux nouvelles formes de domination que nous ne manquerons pas d’affronter.
C’est l’un des objectifs que nous poursuivons avec la commémoration de ce 538e anniversaire de la bataille.
Demain, peut-être, nous rappellerons au monde que nous sommes encore là, malgré le voile de l’interdit et du silence que l’on a prestement jeté sur nos épaules.
Demain, peut-être, il nous faudra déchirer ce voile.
Commentaires (13)
J'adhère. Si je ne me trompe pas, la pente de l'histoire nous emmène à la décentralisation pour la prise en charge localement de nos besoins vitaux, existentiels, et mondialement de l'écologie, de la paix, de la circulation des biens et des personnes ? Le grand écart, mais un espoir pour nous de sortir de l'anonymat imposé par la France.
La décentralisation est souvent perçue comme une stratégie de la République française pour maintenir un centralisme basé sur le seul échelon national. En Europe, la norme est l'autonomie : une région devrait avoir des pouvoirs locaux transférés par l'État, un budget, et un parlement pour des règlements locaux, tout en gardant certains aspects sous la tutelle de l'État régalien. Pour cela, il est nécessaire d'avoir de vraies régions et un changement de mentalité chez les élites parisiennes.
Bonjour. Nous devrions nous appeler Loire-Armorique !
L'Armorique est une sorte de grand Ouest. La Loire d'Armor ferait plus breton.
Pour ma part, je suggère tout simplement le nom « Bretagne Sud ».
Il ne me paraît pas nécessaire de faire figurer le nom du fleuve « Loire ». Ce mot rappelle trop le traumatisme du découpage de la Bretagne lors de la création des Pays de la Loire. Mieux vaut un nom clair, simple et qui affirme sans ambiguïté l’appartenance à la Bretagne.
La Loire-Atlantique-Sud-Bretagne devrait être promue.
Bonjour, Je suis tout à fait d'accord avec vous. Il nous faut maintenir la Bretagne, déjà à 4 départements et peut-être ensuite à 5 départements. Je suis depuis quelques mois l'émergence du mouvement du député du Morbihan, Paul Molac, Faisons Bretagne. Cela me semble un bon début pour résister au FN et à LFI. Bonne journée, Christian Rollo.
Bretagne à 5, si ce n'est pas fait ensemble, nous ne récupérerons jamais notre pays. Je vous rappelle que de nombreux Bas-Bretons ont trouvé leur pain en L.A. et cela continue... J'ai 4 neveux de 40 ans sur Nantes.
Simple et beau discours !
2027 et les jacobins des deux bords qui vont inonder les réseaux sociaux de leur populisme étatique... Ça fait peur. Heureusement qu'il y a des politiques comme le député Paul Molac.
Dans le film sur De Gaulle (premier épisode), actuellement en salle (plus de deux millions de spectateurs, à ce jour, pour les deux épisodes), un groupe de marins de l'île de Sein débarque à Londres. L'épisode est archi-connu, et la commune de l'île de Sein est "Compagnon de la Libération".
Là où le film est intéressant et rejoint cet article, c'est qu'il présente la séquence, courte mais enthousiasmante, en breton (non sous-titré, mar plij !). Il s’agit d’un excellent breton, un vrai bain de jouvence pour les oreilles. Ur gwir a blijadur !
Et cerise sur le gâteau, bravoc’h c’hoazh !, le Général répond en breton « Donemat deoc’h ! ». Je ne sais si le propos est authentique, mais il est parfaitement crédible (pour de multiples raisons).
Merci au réalisateur pour la hardiesse de cette très heureuse initiative.
Aujourd’hui, tous les candidats (y compris les extrêmes) se prévalent d’une référence au gaullisme... J’espère qu’ils ont vu le film, et que cette séquence en particulier les inspirera en réalité (et non pas dans de simples discours). Le breton, c’est, ou ce devrait être, naturel, dans l’espace public.
War an distro eo ar brezhoneg. Setu c’hoant kuzhet pe a-wel d’an holl, eus kalzig-kalz a Vretoned.
Mieux vaut cinq départements bretons plutôt que la B4 et les PDL.
Quand même, cette troupe fait dépenaillée. Ça donne une drôle d'impression.