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Gérard Chevalier fidèle écrivain du salon du livre Quay des Plumes le 23 octobre
Je commence ma vie à l’envers ! Ainsi proclame Gérard Chevalier lorsqu’on lui demande son curriculum vitae. « Un beau titre », ajoute-t-il. Pourquoi cette déclaration ?
Isaline REMY pour I.R. le 15/10/16 23:05

Un portrait de Gérard Chevalier à Saint-Quay-Portrieux le 23 octobre pour le Salon du livre "Quay des Plumes".

« Je commence ma vie à l’envers ! » Ainsi proclame Gérard Chevalier lorsqu’on lui demande son curriculum vitae. « Un beau titre », ajoute-t-il.

Pourquoi cette déclaration ?

Parce qu’en revenant du service militaire à 22 ans il monte une entreprise artisanale de maquettes d’architecture et de décoration. Marié, avec deux enfants, il travaille 15 heures par jour et a le sentiment qu’il perd sa vie à la gagner !

Mais le destin le veut autrement :

Auparavant, pendant ses études il a côtoyé par hasard le monde du cinéma qui lui a donné quelques petits rôles. Il raconte les débuts de cette aventure :

" J’ai tourné avec Annie Girardot, magnifique actrice, dans un film de Gilles Grangier. Je lui ai conseillé de faire un autre métier, le cinéma ne me semblait pas sérieux ! J’en ai encore honte rétrospectivement ! "

Mais il tourne le dos à la pellicule et pourtant :

A l’époque Gérard voulait devenir chercheur en physique nucléaire. Pendant ses vacances scolaires il se retrouve sur un plateau face à Rellys, alors qu’on l’a pris pour un autre comédien lequel n’est jamais venu. Tournage ensuite avec Jacques Charrier, dans un film de Cayatte, et il fait plus tard une apparition dans un film avec Daniel Gélin.

Pendant son activité de patron le cinéma le sollicite épisodiquement, ce qui lui pose des problèmes pour son emploi du temps. L’idée de la comédie fait son chemin jusqu’au jour où il s’inscrit sur un coup de tête dans un cours d’art dramatique.

En 1962 est créé dans ce cours « La coupe du technicien du film » revue très suivie par la profession. Gérard Chevalier l’obtient l’année suivante.

La mouche l’a piqué enfin !

« J’ai travaillé tout de suite, engagé par les membres du jury : Yves Ciampi, Jean Devewer, Pierre Mondy », se souvient-il.

Se passent encore trois ans avant qu’il abandonne son atelier et devienne acteur professionnel à plein temps ! Premier grand film, avec un rôle plus conséquent : « Le chant du monde » d’après Giono, mise en scène de Marcel Camus.

Une rencontre inoubliable mais pas hasardeuse :

« Je retrouve Charles Vanel que j’avais connu pendant la guerre donnant du lait de sa vache à mes parents, pour moi. Il l’avait achetée pour ses petites nièces et en avait trop ! Quel homme exceptionnel ! J’ai eu beaucoup de chance de le connaître, et d’avoir plus tard des projets avec lui, même s'ils n’ont pas abouti ».

De la bobine aux planches :

C’est au tour du théâtre de pointer son nez. Christian Leguillochet, rencontré au cours d’art dramatique, crée le fameux Lucernaire tandis qu’à côté Romain Bouteille donne naissance au « Café de la gare ».

« Avant de jouer au Lucernaire ", dit Gérard, " j’ai monté un spectacle en ouvrant le deuxième café-théâtre de Paris, « La méthode ». Il me fallait une avant-première, prévue dans la pièce, et j’ai engagé un jeune chanteur qui s’appelait Michel Colucci, dit Coluche. On est devenu amis et je l’ai fréquenté jusqu’à sa disparition. Nous avions de beaux projets. Il m’avait demandé d’écrire pour lui plusieurs films ».

En 1970 une adaptation de « La philosophie dans le boudoir » du marquis de Sade, monté en dérision, fait un succès au Lucernaire. Et puis la télévision offre de beaux tournages et lui permet enfin de gagner correctement sa vie.

« Mon premier rôle important c’est Claude-Jean Bonnardot qui me l’a proposé. Mais c’est Michel Wyn avec « Le 16 à Kerbriant » qui m’a fait vraiment démarrer. J’ai le plaisir de voir toujours Michel, en pleine forme, qui est devenu lui aussi écrivain ».

Gérard Chevalier s’honore d’être fidèle en amitié. Les tournages s’enchaînent, télé-films et séries (on ne parlait pas alors de « saisons ») que personne n’a oubliées : Les gens de Mogador, avec Marie-France Pisier, Brigitte Fossey, et bien d’autres, Vidocq de Marcel Bluwal avec Claude Brasseur, Arsène Lupin, avec Georges Descrières, La cloche tibétaine, feuilleton dans lequel il retrouve Coluche. Rencontre en 1974 de Simone Signoret dans Les granges brulées. Quel beau souvenir pour lui !

« Je reste une semaine en sa compagnie. Nous parlons beaucoup. Au moment de se quitter elle me dit : Gérard, le cinéma c’est ton truc ! Tu n’oublies pas, hein ? Le message est resté gravé dans ma tête mais trop indépendant et un tantinet naïf irréaliste, je m’y suis mal pris pour la suite ».

Sa voix le fait vivre aussi. Des centaines de publicités, radiophoniques ou télévisuelles, des documentaires animaliers, scientifiques, touristiques la font mémoriser par tout le public. Mais le domaine de la création le démange toujours.

La plume de l’écrivain s’annonce :

" J’ai commencé à écrire « pour de bon » comme disent les enfants avec un roman que Charles Vanel voulait tourner depuis longtemps ", explique Gérard. " J’en ai fait l’adaptation et j’ai abordé une très longue période où j’ai perdu mon temps. Le cinéma est un monde très fermé et je ne l’ai réalisé que bien plus tard ».

L’archi sait tout faire en matière de décors et de mise en scène :

Têtu et empli d’énergie il s’écrit un film sur mesure et décide d’aller jusqu’au bout. Il va consacrer quatre ans à fabriquer les décors dans son garage, inventer les costumes, imaginer et réaliser les effets spéciaux, (recherche de matières pour se mouler le visage et les mains, trouver et animer sa silhouette en projection directe, etc.). Tous ses amis et sa famille sont mis à contribution.

« Je tournais par petits bouts, le temps de trouver de l’argent pour continuer. Je ne sentais pas la fatigue, soutenu par l’amitié, l’amour de ma famille, et la volonté farouche de ne pas abandonner ».

Le film enfin terminé, il ne le vendra jamais. Mais c’est une référence, indiscutablement. Démarchant les producteurs avec un autre scénario, et montrant son film, il accroche un Hollando–Américain, un Belge, un Allemand, un Chinois et un Français bien sûr.

Gérard Chevalier réunit 30 millions de francs, mais il en faut 45 ! Le projet capote…

Qu’importe. Il se précipite pour présenter un projet moins onéreux : l’adaptation du « Révizor » de Gogol. Cette fois ça y est : le budget est réuni !

« Cela faisait 15 jours que j’étais en préparation, choisissant mes acteurs, quand mon principal producteur m’appelle de Los Angeles : Gérard, désolé, on arrête tout ! Lui-même travaillant depuis trois mois sur un film colossal venait d’être lâché par un de ses financiers. J’étais écoeuré ! »

Vingt ans venaient de passer sans aboutir correctement. Gérard Chevalier envisage alors de passer à la création littéraire. La création sous toutes ses formes est le moteur de sa vie. Son premier roman, du genre policier, est inspiré par l’île de Batz.

Il est de chez nous et à nous !

« J’ai épousé une Bretonne. Elle m’a communiqué son attachement à ce pays fabuleux. Je m’y suis senti tout de suite à l’aise. La beauté des lieux, bien sûr, mais aussi le caractère des Bretons. Ici on est ouvert, travailler n’est pas synonyme de corvée. Et puis j’ai été accueilli chaleureusement. Ici finit la terre mon premier bouquin, a reçu trois prix. C’était un excellent début qui m’a regonflé ! »

François-Henri Pinault le fait classer « coup de coeur » sur le site de la Fnac, et les sites bretons du monde entier relaient l’information. Ouest France, Le Télégramme, l’accompagnent fidèlement dans ses signatures.

Et les romans se succèdent : « L’ombre de la brume », un hommage aux Monts d’Arrée, « La magie des nuages », traduction littéraire du scénario inabouti, « Vague scélérate », histoire avec les services secrets en toile de fond, de Ouessant à Moscou. L’oeil de Gérard frise de malice tout à coup.

Sérieux et fantaisiste :

« Et puis j’ai eu envie de rire ! Littérairement s’entend. Voilà pourquoi j’ai écrit « Miaou, bordel ! » Je me suis bien amusé ! Et mes lecteurs aussi ! Du coup j’envisage une série, avec mon héroïne Catia : une chatte qui tape à l’ordinateur et dont la mémoire est phénoménale. « Ron-ron, ça tourne ! » vient de sortir. Titre pour moi on ne peut plus justifié ! »

Mais on ne rompt pas brutalement avec des décennies de tournages. Matsylie productions, en la personne d’Hervé Alexandre, associé à Jean-Jacques Morvan, Le 4 productions, propose en 2013 à Gérard un joli rôle dans un court métrage intitulé « Tout est possible ».

« Voilà, c’est tout simple : on est devenu amis et comme toujours dans ce métier on a rêvé aux projets qu’on pourrait concrétiser. En premier, mon film « Le blues du crapaud » a intéressé Hervé qui a décidé de le distribuer. J’ai retrouvé mon envie de tourner, et j’ai encore écrit des scénarii. C’est reparti pour la bagarre ! »

Il est évident que sa chère Bretagne lui donne force et inspiration.

Gérard Chevalier, avez-vous une conclusion à nous proposer ?

« Oui, une seule : vive la vie ! »

Et vous pourrez voir Gérard Chevalier le 23 octobre prochain au salon du livre « Quay des Plumes » à la salle de Congrès de Saint-Quay-Portrieux, où il se fera un plaisir de vous dédicacer ses ouvrages qui font du bien au moral. Trop besoin de gars comme lui !

Pour en savoir plus et contacter Gérard Chevalier : (voir le site)

Document PDF 41080-affiche_grard_et_les_titres_catia_.pdf AFFICHE GERARD CHEVALIER. Source :
Voir aussi :
Ecrivain, journaliste de presse écrite dans le domaine des évènements culturels et festifs.
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