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- Communiqué de presse -
Iñaki de Juana Chaos est en grève de la faim
Le prisonnier politique basque Iñaki de Juana Chaos est en grève de la faim depuis le 7 août. Libérable depuis le 25 octobre 2004, il est maintenant en "préventive" au sujet de deux articles d'opinion parus dans Gara fin 2004 (voir à ce sujet Enbata n°1943, 07/09/06). Iñaki de Juana
Yannig Laporte pour Emgann-MGI le 15/09/06 13:40

EMGANN - Mouvement de la Gauche Indépendantiste BP 70215 22202 Gwengamp cedex

15/09/06 Veuillez trouver ci-joint une information diffusée par les relations internationales d'EMGANN

Le prisonnier politique basque Iñaki de Juana Chaos est en grève de la faim depuis le 7 août. Libérable depuis le 25 octobre 2004, il est maintenant en "préventive" au sujet de deux articles d'opinion parus dans Gara fin 2004 (voir à ce sujet Enbata n°1943, 07/09/06). Iñaki de Juana Chaos considère avoir purgé sa peine et ne fera pas marche arrière sur sa décision : il ira donc jusqu'au bout.

EMGANN condamne la décision de l'Audience Nationale et s'associe aux mobilisations visant à obtenir la libération d'Iñaki Juana de Chaos.

Nous joignons l'article suivant transmis par l'Agence de Presse Associative (APA)

Le détenu Iñaki de Juana Chaos, qui risque 96 ans pour deux tribunes libres, refuse de manger depuis le 7 août

Mourir de faim pour dénoncer la prison à perpétuité. Le détenu Iñaki de Juana Chaos est "extrêmement déterminé à mener sa lutte jusqu’au bout", craint l’association pour la défense des droits des prisonniers politiques basques Askatasuna. Le détenu donostiar en prison depuis 1987 et incarcéré dans l’actualité à Algeciras, à plus d’un millier de kilomètres de sa ville natale refuse de manger depuis le 7 août denier. Libérable depuis le 25 octobre 2004, Iñaki de Juana Chaos reste en prison pour avoir adressé deux articles d’opinion à un quotidien qui les a ensuite publiés. Par cette grève de la faim, il veut demander sa mise en liberté immédiate. Une liberté qui peut lui coûter la vie.

Tout a commencé en octobre 2004.Son éventuelle mise en liberté, après 18 ans d’incarcération, a provoqué la censure de certaines associations des victimes, qui ont crié au scandale. La polémique, amplifiée par la droite, a rapidement alimenté les médias. Le chef du Parti Populaire, Mariano Rajoy, avait appelé à faire "tout ce qui sera possible" pour empêcher la libération d’un "criminel emblématique". Même le ministre de l’Intérieur Juan Fernando López Aguilar s’était prononcé en contre de la mise en liberté.

Trois jours avant la date de libération, le 22 octobre, un juge de l’Audience Nationale prenait une décision par laquelle il essayait d’annuler les remises de peines. Quelques mois plus tard, le procureur du même tribunal demandait la détention provisoire contre le militant donostiar pour des délits présumés d’"appartenance à organisation armée" et de "menaces terroristes". Les faits sur lesquels le juge s’est basé pour le mettre en examen ont été deux tribunes libres que Iñaki de Juana Chaos a adressées au quotidien Gara les 1er et 30 décembre 2004, soit plus d’un mois après la date de mise en liberté; deux articles dont le contenu, selon le ministère public, viendrait démontrer que le militant basque "fait toujours partie de l’organisation terroriste ETA".

Classement de l’affaire

Pourtant, le 14 juin 2006, le juge de l’Audience Nationale Santiago Pedraz rendait publique une décision qui allait déchaîner une campagne médiatique contre lui. Selon ce magistrat, dans ces deux articles, Iñaki de Juana Chaos avait exprimé son soutien au Mouvement de Libération Nationale Basque (MLNV), mouvement qui "ne peut être comparable à l’ETA". Il ajoutait "que ce mouvement n’était pas qualifié comme organisation terroriste" et qu’ainsi, il considérait que l’existence du délit de "menaces terroristes" n’était pas prouvée. Le magistrat Santiago Pedraz a donc décidé de rejeter la demande du ministère public et de classer l’affaire, estimant que les deux tribunes libres "ne permettent pas de conclure que le détenu fait encore partie de ETA". Le parquet a fait appel et le militant donostiar est resté en prison. Un an après, en juillet 2005, le ministre espagnol de la Justice, Juan Fernando López Aguilar, annonçait que l’Etat "fera tout le possible pour qu’il n’y ait pas de mises en liberté prématurées", surtout concernant Iñaki de Juana Chaos, "un terroriste très sanguinaire" qui "a montré des indices sur son appartenance, encore aujourd’hui, à l’organisation terroriste" ETA. "Nous construirons de nouvelles accusations pour éviter qu’ils sortent de prison!", avait-il affirmé.

Quelques jours plus tard, l’Audience Nationale espagnole est revenue sur la décision du juge Santiago Pedraz. Ce tribunal a considéré que dans ces articles, le prisonnier donostiar "pourrait être en train de fixer des objectifs pour des actions futures de ETA". L’Audience Nationale a également ajouté qu’il relève des articles "une intégration rénovée" dans l’organisation armée.

Iñaki de Juana Chaos risque depuis une peine de 96 ans de prison, c’est-à-dire la prison à perpétuité.En effet, tenant compte du nouveau Code pénal, si le détenu basque est condamné, il fera encore 40 ans sans remise de peine. "Et rien que pour deux articles d’opinion", s’insurge l’association Askatasuna.

Pour comprendre cette affaire, "il faut la resituer dans le contexte du durcissement toujours plus intense des mesures d’exception, législations antiterroristes et autres changements législatifs développés par les États français et espagnol et visant à condamner de fait des citoyens basques à la prison à vie", estime Askatasuna tout en rappelant que le cas d’Iñaki de Juana Chaos n’est pas le seul. "De nombreux autres prisonniers basques se trouvent également dans la ligne de mire de ces mesures spéciales, les exemples les plus connus en étant ceux du bayonnais Unai Parot, dans l’Etat espagnol, et de Filipe Bidart, à qui l’Etat français refuse toujours jusqu’à maintenant la liberté conditionnelle à laquelle il a également droit".

Une pétition de mise en liberté d’Iñaki de Juana Chaos a été lancée. Le temps presse, affirme-t-on, le militant basque "étant décidé à ne pas céder et à aller jusqu’au bout, jusqu’à la fin" pour gagner sa liberté.

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