Danseuses en costume traditionnel breton lors de la Fête des Brodeuses à Pont-l'Abbé. Photo Archives ABP Philippe Argouarch .
Danseuses en costume traditionnel breton lors de la Fête des Brodeuses à Pont-l'Abbé. Photo Archives ABP Philippe Argouarch .
La Vision après le sermon (1888) de Paul Gauguin : des coiffes mais pas de voiles.
La Vision après le sermon (1888) de Paul Gauguin : des coiffes mais pas de voiles.
Clip de l\'interview de Jean-Philippe Tanguy sur le voile

Réalisation : BFM-TV – 52 vues

Des propos du député RN Jean-Philippe Tanguy comparant la coiffe traditionnelle bretonne au voile islamique ont suscité des réactions en Bretagne. Le conseiller régional Christian Guyonvarc'h lui reproche notamment son ignorance de l'histoire et de la culture bretonnes.

Invité le 8 septembre sur BFMTV-RMC par Apolline de Malherbe, le député RN de la Somme Jean-Philippe Tanguy, qui revendique régulièrement ses origines bretonnes, a évoqué les coiffes autrefois portées par les Bretonnes pour appuyer son propos sur le voile islamique. Il a notamment présenté ces coiffes comme des « voiles » servant à cacher une partie du corps des femmes.

Cette comparaison a fait réagir en Bretagne. Sur les réseaux sociaux Christian Guyonvarc'h, élu du groupe Breizh a Gleiz du Conseil Régional estime que Jean-Philippe Tanguy « prouve qu'il est très ignorant de l'histoire de la Bretagne et de sa culture ».

Il conteste également l'idée selon laquelle le port du fichu ou de la coiffe aurait constitué un signe d'aliénation des femmes. Évoquant sa grand-mère et son arrière-grand-mère, il ajoute avec humour que, si elles pouvaient entendre de tels propos, « elles lui mettraient un coup de “disglavier” (parapluie) ».

Les coiffes bretonnes ont pris des formes extrêmement diverses selon les territoires et les époques. Élément du costume traditionnel, la coiffe pouvait aussi renseigner sur l'origine géographique, la situation sociale ou le statut matrimonial de celle qui la portait. En aucun cas elle servait à dissimuler quoique ce soit.

Se couvrir la tête, une tradition religieuse ancienne

Le fait de se couvrir la tête possède des significations différentes selon les religions et les époques. Dans la première épître aux Corinthiens (11, 3-16), Paul demande aux femmes de se couvrir la tête lorsqu'elles prient, une tradition chrétienne qui s'est maintenue pendant des siècles et était encore courante dans les églises catholiques au XXe siècle. Dans le judaïsme traditionnel, les hommes se couvrent la tête pour prier, aujourd'hui généralement avec une kippa, en signe de respect envers Dieu. La tradition juive demande également aux femmes mariées de se couvrir les cheveux. Dans l'islam, la portée exacte des prescriptions coraniques concernant le voile fait toujours l'objet d'interprétations différentes. Le fait de se couvrir la tête ne peut donc être interprété à lui seul comme un signe de soumission de la femme à l'homme. Se couvrir le visage est en revanche une pratique étrangère à la tradition vestimentaire bretonne.

Note : Cet article a été préparé avec l'assistance d'outils d'intelligence artificielle. Les informations, la vérification des faits et la version finale demeurent sous la responsabilité du journaliste ou du responsable de la communication de l'organisation.

Philippe Argouarch

Ancien webmaster de la Wells Fargo Bank aux États-Unis puis de l’International Herald Tribune à Paris, je suis revenu en Bretagne en 2005 pour gérer et développer ABP.bzh, le média que j’avais créé en octobre 2003. Auteur de plus de 2700 articles signés et contributeur à de nombreux autres, que ce soit au sein de la rédaction ou avec l’IA.