
Koun Breizh ne baisse pas les bras, après tous les efforts accomplis pour défendre notre toponymie - conférence, mobilisation des asso bretonnes, saisine Unesco, projet de manif-. Notre association patrimoniale vient de saisir le Tribunal administratif pour exiger la remise en place de notre toponymie en langue bretonne à Plouezoc'h. Les Bretons n'ont pas le droit de baisser les bras en cette matière. Le Conseil régional de Bretagne doit s'emparer du sujet. Nous lui avons adressé des demandes claires.
Après l’annulation du rassemblement qui était prévu le 22 mars 2025 à Plouezoc’h pour exiger la remise en place de notre toponymie en langue bretonne par cette commune, Koun Breizh ne baisse pas les bras.
Notre association vient de saisir le tribunal administratif pour exiger la modification de l’adressage et la remise en vigueur de notre toponymie millénaire en langue bretonne.
La décision de refus d’abroger l’adressage prise par Mme le maire de Plouezoc’h en date du 6 janvier 2026 est contestée devant la justice administrative.
Les Bretons ne doivent pas renoncer à défendre leur patrimoine et à dénoncer publiquement ceux qui le maltraitent.
Koun Breizh déplore à nouveau cet entêtement de la municipalité de Plouezoc’h et surtout sa duplicité.
Il est scandaleux de nous répondre que la toponymie en langue bretonne n’a pas été maltraitée, au prétexte que les noms de lieux-dits concernés peuvent encore figurer dans l’adresse complémentaire.
Il faut arrêter de prendre les Bretonnes et les Bretons pour des idiots ! Personne ou presque n’utilise l’adresse complémentaire. Lorsqu’un nom de lieu-dit est écarté de l’adressage principal, il finit par disparaître dans les années qui suivent. Il n’en reste qu’un panneau qui, faute d’utilité, finit par se désagréger.
Ce refus de réparer est désolant
- Alors que la municipalité avait reconnu en réunion publique des erreurs.
- Car un pourcentage important du patrimoine toponymique se trouverait massacré.
- Alors que les bonnes pratiques en la matière sont connues de tous et qu’il est possible de mettre aux normes l’adressage tout en respectant notre patrimoine toponymique. (L’agglo du pays de Morlaix a diffusé ces informations.)
- Alors que les Bretons sont choqués par tant de légèreté, que l’Unesco a rappelé que la toponymie en langue bretonne relève du patrimoine immatériel de l’humanité,
- Qu’ils n’acceptent pas l’idée que l’on ait dépensé de l’argent public -leur argent- soit 12 000 euros à Plouezoc’h pour le compte de la SA la Poste afin de débretonniser leur pays !
- Que le sujet a suscité en Bretagne un vif émoi manifesté par l’organisation de nombreuses conférences ;
- Que nous ne sauverons pas notre langue si nous consentons à son éradication lente de notre territoire.
Ces comportements fautifs de certaines municipalités traduisent un mépris intériorisé lié à la violence psychologique que notre peuple a subi dans l’Histoire, une inculture évidente et une soumission aveugle devant toutes les forces technocratiques.
La délibération du Conseil municipal de Plouezoc’h datée du 4 novembre 2021 évoque comme justificatif la mise en place de la fibre : « le raccordement de la commune au réseau fibre nécessitera une fiabilité dans la numérotation… »
Il faut savoir que l’établissement public Megalis contenait sur son site des « bonnes pratiques » en la matière passant par la disparition des appellations traditionnelles des lieux-dits au profit de noms de rue. Ce n’est qu’après la médiatisation de ces mauvaises pratiques en 2024 et nos interventions que le site a fait disparaître ces éléments. On mesure mal les dégâts occasionnés par Megalis.
Comment peut-on faire disparaître des noms de lieux millénaires porteurs de sens ou d’histoire comme Roc’h an dour, Lansalut pour des appellations de rues nouvelles ?
Nos municipalités, malgré toutes leurs difficultés, n’ont pas le droit de disposer librement de notre patrimoine toponymique millénaire en langue bretonne. Elles n’ont qu’un seul devoir, c’est de le respecter, de le mettre en valeur et de le transmettre aux générations futures !
Ce patrimoine immatériel linguistique participe du patrimoine immatériel de l’humanité et de notre patrimoine breton. Il nous rappelle que nous sommes un peuple, qu’une langue et qu’une culture nous relient.
Koun Breizh exige une juste réparation et la fin à ce grignotage incessant, qui fait que la Bretagne change de visage sous nos yeux.
Nous verrons bien ce que nous en dira le Tribunal administratif. Est-il légalement possible en France de faire disparaître d’un trait de plume notre patrimoine immatériel en langue bretonne alors qu’il était possible de faire autrement et que ces bonnes pratiques étaient connues ? IL y a là une erreur manifeste d’appréciation qui devrait être sanctionnée.
Koun Breizh demande instamment au Conseil régional de Bretagne et à son Président, de prendre enfin sérieusement ce dossier en main :
- En publiant la liste des atteintes perpétrées à notre toponymie ancestrale depuis ces dernières années. Les Bretons ont le droit de savoir et l’OPAB détient les éléments.
- En reprenant à son compte le processus de reconnaissance officielle par l’Unesco de notre toponymie en langue bretonne au titre du patrimoine immatériel de l’humanité. Une réunion avait eu lieu il y a un an entre les associations bretonnes et les instances régionales. Depuis, rien !
Pour Koun Breizh
Yvon Ollivier
Commentaires (19)
Vous avez raison. Pour comprendre mieux où l'on vit il faut savoir d'où l'on vient et c'est un non bretonnant qui le dit ! Au passage merci au député Paul Molac
Même lorsque les noms de lieux sont préservés, on peut avoir le sentiment désagréable qu'ils sont déplacés. Un lieu-dit qui concernait une surface est devenu une route ou une rue, à une seule dimension plus ou moins linéaire. J'ai même constaté que des panneaux d'un lieu-dit ont été ajoutés pour correspondre à ladite route, à des endroits où manifestement nous ne sommes pas encore au lieu autrefois désigné ainsi, nous serions même ailleurs. Il s'agit bien du nom du lieu-dit, pas d'une route menant au lieu-dit.
Un lieu-dit peut se situer à un carrefour : le nom de rue correspondant devrait donc être en étoile. Quand une route relie deux lieux-dits, elle devrait changer de nom à mi-chemin. Or les noms de rues changent en général à un carrefour. C'est une logique citadine qu'on applique à la campagne.
Bonne initiative... il faut aller plus loin et mobiliser aussi la présidence de la Loire atlantique car cette amputation du pays ne saurait rester ad vitam eternam, alors même qu'elle date de l'ère pé
tainiste. Il est grand temps que les bretons revendiquent le retour de cette partie de son pays, de son histoire, de son patrimoine ...
La mairesse devait être une jacobine apparatchik socialiste! Elle ne se représente pas. On verra avec le suivant. Peut-être un molacois? Même sujet mais autre domaine pourquoi chercher des explications fumeuses de théologien à ce qui est simple? N' e' ket dav da droc'hañ blevenn ar reor etre pevar damm!
Sanket don eo ene ur bobl en he yezh. Leuskel an anvioù lec'h brezhoneg da vezan diskaret hag erlec'hiet gant ur yezh all a zo ur pal evit lod hag en o zouesk a re a fell dezho mougan hon diazez broadel. Poent braz eo adsevel SAB evit mont da vastaran ar panelloù nevez a vo staliet e plas ar re gozh a zalc'he sonj eus hor yezh hengounel.
A galon.
Jamais , nous avons été attaqués ainsi , y compris suer ce sujet , honte au PS en Bretagne . Vraiment minable ! Le vrai visage du PS , ces sont des fourbes dans le domaine culturel.
Pour nous bretons, le Parti Socialiste de France est aussi dangereux que la Rassemblement National de France !
- méthodes sournoises pour nous empêcher d'être bretons
- aucune action en faveur des demandes répétés et légitime du peuple breton.
- aucune envie de réaliser la Réunification au contraire ils renforcent la créations des fausses régions administratives.
- Pour une culture hors sol
- et en plus ils se drapent de la vertu et de l'ouverture d’esprit.
Félicitations à vous Yvon Ollivier et à vos amis. Vous êtes notre honneur!
A-du on ganeoc'h. Un dra all a zo. Du-man ez eus bet ur c'houlennaoueg er gumun he fal kinnig anvioù evit hentoù nevez. Pa ouiec'h e vez an darn meur eus ar boblans divrezhoneg ha lod nevez erruet a orin eus Bro C'hall e vo komprenet n' eo ket bet kinniget anvioù en hor yezh.
Ce n'est malheureusement qu'un exemple de plus de l'éradication du breton.Les lieux-dits disparaissent d'abord sous un numéro,puis sont francisés face à une urbanisation effrayante.Je constate le cas dans mon secteur.Les lieux dits sont effacés, remplacés par des lotissements.
J'ai vu aussi disparaître quelques noms bretons de routes et chemins,d'abord sous la végétation
comme par hasard et à ma grande surprise,devenus des noms en français, une fois la végétation
enlevéé ! je m'abstiendrai ici, de citer des communes pratiquant de tels procédés ignobles,honteux,en catimini.Maintenant , l'arrivée dans des conseils municipaux,de gens ouvertement hostiles à la langue , à la culture, bretonnes, débarqués de Paris, parachutés, entre autre, il en résulte cet effacement des noms bretons.Un exemple parmi d'autres.
Ce n'est pas dit dans l'article mais on peut supposer qu'est également invoqué dans le recours l'article 1.3.1 de l'Accord de Nouméa ("Les noms kanak des lieux seront recensés et rétablis.") qui reconnaît, au plus haut niveau de la hiérarchie des normes, l'importance du respect des noms de lieux. Ce qui est vrai pour les noms de lieux kanak devrait être vrai pour les noms de lieux dans les autres langues minoritaires en application du principe d'égalité : dans son avis du 24 septembre 1996 sur la Charte européenne des langues régionales et minoritaires, le Conseil d'Etat lui-même a rappelé que les différentes langues devaient être traitées de façon égale : "A condition que le soutien à l'expression dans ces langues dans les médias et sur le plan de l'action culturelle soit dévolu également à toutes les langues, au sens de la Charte, se trouvant dans les mêmes conditions, la plupart des dispositions des articles 11 sur les Médias et 12 sur la vie culturelle pourraient également être mises en vigueur en France sans se heurter à une objection d'ordre constitutionnel."
Les kanaks se battent pour cela. Et vivent a l'autre bout du monde.
Ils ne sont pas européens.Mais même pour eux, ce n'est pas simple. L'Etat français et en particulier le chef de l'Etat actuel est particulièrement hostile aux autochtones.
Juste pour clarifier, mon commentaire ne cherchait pas à faire un hors-sujet en parlant de la Nouvelle-Calédonie mais à attirer l'attention sur le fait que des dispositions à valeur constitutionnelle prévues pour la Nouvelle-Calédonie devraient aussi s'appliquer en Bretagne. En matière de toponymie en particulier, les noms de lieux kanak et les noms de lieux bretons ont en commun d'être déjà existants et d'être dans une langue autre que le français. Cela devrait suffire pour que le même traitement leur soit réservé.
Effectivement, mais il ne me semble pas hors-sujet de souligner qu'à aucun moment la Bretagne n'est et pourra être considéré comme similaire ou comparable à la Nouvelle-Calédonie d'un point de vue français et même européen. Comme vous le faites.
La Bretagne est traditionnellement blanche et donc parfaitement soluble, ayant vocation à disparaître linguistiquement, au sein de la culture française, de l'Etat français, selon la vision jacobine des choses.
Les concepts actuels de "racisés" ou "woke" (une forme de racisme "positif") ne font qu'actualiser/prolonger avec de nouveaux éléments de langage, une différence qui existait déjà à l'époque coloniale ou un breton même totalement bretonnant et non francophone n'a jamais été perçu de la même manière qu'un kanak, un mahométain d'Algérie ou un "indochinois" autochtone.
Il me semble parfaitement illusoire de se comparer aux kanaks ou d'aspirer à un statut similaire. La Nouvelle-Calédonie n'a aucune vocation à être "autonome" en France et autres dérivatifs sémantiques (mais creux pour les kanaks) et encore moins membre de l'UE.
Il ne s'agit pas de demander pour la Bretagne le même statut politique que la Nouvelle-Calédonie mais de dégager, sur un point indépendant du degré d'autonomie des territoires concernés (la toponymie), un principe applicable à toutes les zones d'implantation des langues minoritaires.
Il y a d'un côté une disposition à valeur constitutionnelle qui prévoit la préservation des noms kanak de lieux (cela va d'ailleurs au-delà de l'interdiction de l'effacement puisque le texte parle de "rétablissement") et il y a d'un autre côté un avis du Conseil d'Etat qui dit que toutes les langues régionales ou minoritaires se trouvant dans les mêmes conditions doivent être traitées de façon égale. En outre, on ne peut pas dire que la disposition de l'Accord de Nouméa sur ce point précis déroge au reste de la Constitution car dans sa décision de 1999 relative à la Charte européenne sur les langues régionales ou minoritaires, le Conseil constitutionnel a jugé que les engagements concrets que la France envisageait de prendre dans le cadre de la Charte n'étaient pas contraires à la Constitution et parmi ces engagements figurait l'alinéa 2g de l'article 10 qui prévoit l'engagement à permettre et/ou encourager "l'emploi ou l'adoption, le cas échéant conjointement avec la dénomination dans la (les) langue(s) officielle(s), des formes traditionnelles et correctes de la toponymie dans les langues régionales ou minoritaires."
Il me semble que cela vaudrait le coup d'essayer de se prévaloir de la combinaison de ces éléments, qui ont l'avantage de relever purement du droit interne, et de voir quels arguments le juge administratif trouverait pour justifier que les noms kanak de lieux devraient être protégés et pas les noms bretons.
Je comprends tous ces combats mais le problème initiale de toutes ces attaques est simple : la langue bretonne n'est plus celle du peuple .Donc maintenant ils se permettent de "finir" le travail. les opposants seront toujours peu nombreux et minoritaires , la masse préfèrera s'intéresser à la prochaine série Netflix .
Pourrait-on avoir une mise à jour, au lendemain de l'élection d'une nouvelle municipalité ? Le "tête de liste" avait-il été prié de donner son avis ?
Merci de vous battre pour la conservation. De notre patrimoine linguistique. Est-il utile d'envoyer des messages à la mairie de plouezoc'h ?