La Bretagne a les moyens de son independance Partie 3
Communiqué de presse de Douar ha Frankiz

Publié le 12/06/22 18:38 -- mis à jour le 12/06/22 18:38

La Bretagne a les moyens de son independance

Partie 3 : l'histoire le montre.

Les mouvements d’indépendance ont toujours marqué l’histoire moderne et ne se sont jamais arrêtés. C’est une histoire peu diffusée que l’on peut mettre en parallèles avec d’autres faits qui restent bien connus dans les mémoires de « l’histoire de France ».

L’histoire retient toujours le point de vue des dominants, et, en France, les idées d’indépendance sont encore et toujours à bannir. Pour penser la Bretagne libre de demain, il est bon de se remémorer que de nombreux pays que nous connaissons bien ont pu accéder à l’indépendance jusque des temps pas si anciens.

Quand la France était sur le point de plonger dans la Révolution, les États Unis proclament leur indépendance, en 1776.

En 1804 le Code civil est promulgué et Haïti devient indépendante, ainsi que la première république noire de l’histoire, construite suite à une guerre d’indépendance victorieuse contre la France.

En 1816, alors que Napoléon Bonaparte, le grand tyran français adulé par l’histoire nationale, est interné à Saint Hélène, l’Argentine devient indépendante.

En 1867, quand l’Empereur Napoléon III inaugure l’exposition universelle à Paris, le Canada devient indépendant.

Pendant que la loi de 1901 autorise en France le droit de créer des associations, l’Australie devient indépendante.

En 1905, quand en France, on sépare l’Église et l’État, la Norvège devient indépendante.

En 1917, pendant que la France envoie par milliers des pauvres gens se faire massacrer dans les tranchées de Verdun, la Finlande devient indépendante.

En 1919, la France commence à humilier l’Allemagne par le traité de Versailles, ce qui produit le terreau de l’instabilité politique et économique allemande de l’Entre-deux-guerres, puis la montée du nazisme. Pendant ce temps, l’Afghanistan inflige une défaite militaire à l’Angleterre et devient indépendant.

En 1922, la bourgeoisie française se presse à l’exposition coloniale de Marseille. Dans le même temps, l’Irlande devient indépendante après deux années de guerre, où l’Europe entière a laissé le peuple irlandais seul face à la répression sanglante de l’Angleterre.

Dans l’année 1947, en France, de Gaulle lance son mouvement politique – le RPF (Rassemblement du Peuple Français), Christian Dior présente sa première collection de haute couture, et à l’autre bout du monde, l’Inde devient indépendante.

En 1962, de Gaulle annonce la tenue d’un référendum pour élire le président de la République au suffrage universel direct, Jacques Mesrine est incarcéré pour la première fois, le magazine Salut les copains fait son apparition, et l’Algérie devient indépendante.

En 1975, Citroën sort son célèbre modèle de la DS et le jeune président Valéry Giscard d’Estaing assouplit la loi sur le divorce par consentement mutuel. En Afrique, le Mozambique et l’Angola font partie des derniers pays de la vague de décolonisation à accéder à l’indépendance.

En 1991, le plan Vigipirate est mis en route en France pour la première fois, le chanteur Serge Gainsbourg décède et Édith Cresson devient la première femme premier ministre de la République. Pendant ce temps en Europe, la Lituanie, l’Estonie et la Lettonie deviennent indépendantes.

En 1993 la Slovaquie et la République Tchèque deviennent indépendantes, au moment ou Aimé Jacquet est nommé sélectionneur de l’Équipe de France de football et la mènera à la victoire de la Coupe du Monde.

2014, pour la première fois de son histoire, l’Ecosse peut s’exprimer dans un référendum pour l’indépendance.

2017, la Catalogne fait de même malgré une répression policière et judiciaire inédite.

Les indépendances ne sont pas des bifurcations, des moments où l’histoire moderne fait un écart.

Au contraire, elles façonnent l’histoire mondiale depuis plusieurs siècles et ces phénomènes sont loins d’être terminés. Demain, ce sera le tour de l’ Ecosse, de la Catalogne, du Pays de Galles, de la Corse, de la Bretagne bien sur, et de bien d’autres encore.

Douar ha Frankiz - Pour une Bretagne libre

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Vos 5 commentaires
Michel bernard
2022-06-13 08:33:40
Bon historique des cheminements progressifs,et non violents vers l'independance de vieux pays europeens ,il sera utile a tout les gens interesses par la question bretonne,mais d 'abord lutter pour l 'autonomie en montrant ses avantages ,économiques et culturels et pour defendre l' identité bretonne menacee par d' autes identités, ou la mondialisation qui les fait disparaitre.
(0) 
Rafig e Bzh
2022-06-13 13:05:38
Encore un groupuscule qui nous parle d'indépendance. La Bretagne n'existe plus et elle n'aura plus jamais les moyens de sont indépendance. Vous ne faites que conforter les idées reçues des français sur le mouvement breton.
L'autonomie est à peine possible dans cette république centralisée et verrouillée politiquement.
Et vous Douar ha Frankiz êtes vous indépendant pour l'électricité ? pour vos consommations Made in China ? le pétrole ?
Non
Rafig : un militant breton depuis 25 ans.
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Naon-e-dad
2022-06-13 14:55:00
"En 1975, Citroën sort son célèbre modèle de la DS". Heu vous êtes sûr? Wikipedia indique 1955-1975 pour la période de production d'une voiture à jamais inimitable. A mes yeux d'enfant, puis d'adulte.
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Revenons à cette belle liste des indépendances. Revigorante certes, mais....
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Il y aura toujours une frontière mal tracée quelque part. Regardez du côté de l'Ukraine, où l'envahisseur russe lorgne déjà du côté de son flanc occidental - la Moldavie - au prétexte qu’une frange est peuplée de Russes ou de russophones (on ne sait plus très bien)...
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L'Afrique bien sûr, avec ses frontières "post-coloniales", par définition mal tracées, avec des états qui peinent à correspondre à des peuplements historiques, est un nid de difficultés peut-être pour des siècles encore…
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J'entends bien le chant des sirènes, et certes la Bretagne pourrait être un véritable état politique, ce qu'elle a déjà été pendant 750 ans...jusqu'en 1532. Anne de Bretagne, femme d’Etat remarquable en Europe, a d’ailleurs évité un bain de sang généralisé, si l’on veut bien considérer le rapport des forces en présence, et le contexte.. Cela mériterait d’être médité et dit.
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J'ignore de quoi demain sera fait . La France a une histoire relativement ancienne (mille ans pour les uns - Clovis -, deux-siècles pour les autres - la Révolution), elle n'est pas assurée pour autant de perdurer indéfiniment. En tout cas sous cette forme organisationnelle, voire géographique (la dernière retouche, sur les Alpes, date de 1945)...
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Notre péninsule armoricaine, bretonne, elle, sera toujours là.
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Le véritable problème, au niveau mondial, est l'alliage territoire/culture/population.
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Et si l’on essayait d’abord de construire la Bretagne dans le cadre politique actuel ? Quitte à infléchir le cadre institutionnel pour desserrer le carcan républicain ? Car beaucoup de régions ont besoin d’une certaine autonomie. La Bretagne, c’est sa particularité historique, présente en outre un besoin linguistique spécifique.
N’est-ce pas déjà un formidable challenge, loin des lubies des extrémistes bruns-rouges ou bleus foncés ?
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Breizh a vo, a soñj din. Bretagne est avenir.
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Naon-e-dad
2022-06-14 13:50:53
Précision (à propos d’Histoire et d’actualité):
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Clovis, date de naissance inconnue, est mort en + 511
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A propos de « millénaire », je faisais allusion au « Millénaire Capétien », organisé en 1987 sous François Mitterrand, et qui fit quelque bruit médiatique à l’époque. Voir article wikipedia (voir le site)
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On comprit alors que deux visions de l’Histoire s’affrontaient :
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. celle intégrant les « racines chrétiennes » de la France, et plus généralement de l’Europe. Ces tenants regardent évidemment au-delà des Capétiens jusqu’à Clovis. Quand les Bretons regardent vers les « saints fondateurs » (Saint Pol de Leon, venu de la Cornouaille britannique (Kernev-Veur), débarque à Ouessant en +510, date proposée par wikipedia)
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.celle se prévalant des « Lumières » , et se revendiquant trop souvent comme « matérialiste », pour qui la Révolution (1789) est l’événement phare de la France dite moderne.
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La proximité des deux dates commémoratives 1987 et 1989 ne laisse évidemment aucun doute sur l’affrontement entre ces deux visions de l’Histoire qui sous-tendent deux positions radicalement différentes sur le fond.
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D’un côté, un pays qui accepte de se situer fasse à la divinité, transcendante et unique, discrètement présente .De l’autre côté un pays qui s’y refuse et revendique le paganisme (ou dans le plus favorable des cas, la foi à la maison tolérée pourvu qu’elle reste cachée et « privée »). Cette deuxième tendance se retrouve aussi dans le « mouvement breton » d’aujourd’hui.
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Tout rapprochement avec le contexte politique actuel (débat sur la « Laïcité », échiquier des forces politiques en lice) est évidemment fortuit.
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En Bretagne, dans l’avant-guerre, Yann-Vari Perrot, homme d’action et de réflexion, avait bien perçu en choisissant sa devise « Feiz ha Breizh », l’affrontement déjà bien visible des deux tendances lourdes évoquées ci-dessus.
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La Bretagne est donc immergée dans une double problématique existentielle :
. assurer sa survie en tant que telle, comme territoire hébergeant une communauté humaine
. assumer qu’elle a été christianisée et comprendre que ce n’est pas une faribole. L’être humain n’est pas réductible à lui-même (ou disons à ses seules dimensions physique et psychique). Laissons au moins aux jeunes générations la possibilité de découvrir et d’approfondir qui elles sont vraiment.
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« Evurus an den … » , penn-kentañ ar psalm kentañ (troidigezh Maodez Glanndour, Al Liamm, 1974)
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Yann L...
2022-06-14 15:51:56
En démocratie, la parole est libre. Que certains militants veuillent s'exprimer pour revendiquer l'indépendance de la Bretagne ne me dérange donc pas. Par contre, au moment des dernières élections départementales, j'ai été surpris de voir que, sauf erreur de ma part, le seul binôme indépendantiste candidat l'était dans le canton de Carhaix et faisait concurrence à un des rares binômes régionalistes candidats.
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