
Le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a annoncé devant le Groupe d’études sur les langues et cultures régionales de l’Assemblée nationale la création prochaine d’un cadre réglementaire destiné à sortir les établissements immersifs du régime dérogatoire. Les deux co-présidents du groupe d’études ont également remis au ministre une lettre ouverte transpartisane signée par 50 députés. (disponible en PDF en bas de l’article).
Le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a annoncé devant le Groupe d’études sur les langues et cultures régionales de l’Assemblée nationale la création prochaine d’un nouveau cadre réglementaire destiné à sortir les établissements immersifs du régime dérogatoire. Une annonce saluée avec prudence par les députés Paul Molac et Peio Dufau.
Le ministre était auditionné le 20 mai par le Groupe d’études sur les langues et cultures régionales de l’Assemblée nationale, co-présidé par les députés Paul Molac et Peio Dufau.
Selon un communiqué diffusé par les deux parlementaires, Édouard Geffray y a présenté « les grandes lignes d’un nouveau cadre réglementaire destiné à sortir les établissements immersifs du régime dérogatoire ». Le contenu précis de ce nouveau dispositif doit être rendu public « dans les prochains jours ».
Cette évolution pourrait constituer une avancée importante pour les réseaux d’enseignement immersif en langue régionale comme Diwan en Bretagne, Seaska au Pays Basque, Calandreta en Occitanie ou encore les écoles associatives en langue catalane, confrontés depuis plusieurs années à des blocages administratifs et à une forte insécurité juridique.
La question des examens passés en langue régionale a également été abordée lors de cette audition. Le communiqué évoque notamment « la colère exprimée au Pays Basque » sur ce sujet, laissant entendre que le ministère pourrait faire évoluer sa position.
Pour Paul Molac, député du Morbihan et défenseur historique des langues régionales, cette annonce est le résultat « d’un important travail parlementaire, au Sénat comme à l’Assemblée nationale » [...] « Le ministre a semblé prendre la mesure de la problématique relative à l’enseignement et la transmission de nos langues », déclare-t-il.
Peio Dufau appelle toutefois à la prudence : « Nous attendons désormais l’officialisation du cadre précis pour mesurer l’avancée que cette annonce représente ».
Les deux co-présidents du groupe d’études ont également remis au ministre une lettre ouverte transpartisane signée par 50 députés. Le texte demande une réévaluation urgente des moyens alloués aux réseaux immersifs et la levée des obstacles administratifs freinant encore le développement des langues régionales.
L’annonce intervient dans un contexte toujours sensible autour de l’enseignement immersif. La loi Molac de 2021 avait marqué une avancée symbolique importante pour les langues régionales, avant que le Conseil constitutionnel ne censure partiellement plusieurs dispositions concernant l’enseignement immersif dans le public.
Documents liés
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Le courrier au Ministre de l'Éducation nationale signé par 50 députés.
Source : Paul Molac
Commentaires (3)
espérons que cela ira jusqu'au bout!
Evit ar brezhonneg eveljust ma familh zo eus cleden poher e-kichen kaerez la langue de nos parents cet le plus grand trésor qu'ils nous partagent. A galon vat. Christian
Bonne nouvelle.
Mais après les rejets par le CC de la Convention européenne sur les langues régionales et minoritaires pour des raisons politiciennes et non juridiques, puis du tilde et de l'immersion, on espère qu'il se contentera de ne faire que du Droit Constitutionnel, ce pour quoi il fut créé. Soit : la vérification de la conformité à la Constitution des Traités et Lois.
Sinon, il faudrait intégrer cette admirable et indispensable institution dans le champ du politique alors que ce n'est précisément pas là qu'elle est attendue mais, strictement, dans celui du droit.
Pour aider à la manoeuvre, il devrait être possible d'imposer à ceux (Présidents des Assemblées parlementaires et Président de la République) qui ont la charge des désignations de les limiter à un non juriste, disons "politique", pour deux éminents juristes, soit : Professeurs de Droit, mais aussi magistrats et avocats.
A