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- Dépêche -
Le Nantais Jean Graton, père de Michel Vaillant
L'année prochaine marquera le 50e anniversaire de la parution du premier album des aventures du pilote automobile Michel Vaillant : "Le Grand Défi". C'est en 1957 que Jean Graton avait
Bernard Le Nail pour ABP le 17/11/08 1:43

L'année prochaine marquera le 50e anniversaire de la parution du premier album des aventures du pilote automobile Michel Vaillant : "Le Grand Défi". C'est en 1957 que Jean Graton avait fait apparaître pour la première fois ce personnage dans une histoire courte, dans les pages du journal "Tintin". Son créateur n'avait alors aucune idée du destin qui attendait son jeune pilote. Son succès fut immédiat et, un demi-siècle plus tard, il est paru 70 albums des aventures de Michel Vaillant et il s'est vendu au total plus de 20 millions d'exemplaires de ces albums. Michel Vaillant est aujourd'hui l'un des héros de bande dessinée les plus populaires qui soient en Europe, surtout en Belgique et en France.

Jean Graton que l'on prend souvent pour un auteur belge, est en réalité breton. Il est né à Nantes le 10 août 1923. Son père, André Graton, était un passionné de moto et fut secrétaire du Club motocycliste nantais. Le jeune Jean se souvient avoir été très tôt avec lui aux 24 heures du Mans. En 1934 - il n'avait alors que 11 ans - il eut la grande douleur de perdre sa mère et, quelques années plus tard, son père qui avait été mobilisé en septembre1939, fut fait prisonnier en juin 1940 et expédié dans un camp en Allemagne. L'adolescent fut alors pris en charge par sa grand-mère, mais celle-ci n'avait que des ressources modestes et le garçon dut quitter l'école professionnelle où il étudiait, pour commencer à gagner sa vie. Il entra comme apprenti ajusteur dans un chantier naval qui avait été réquisitionné pour réparer des bateaux allemands et il y travailla jusqu'en 1943.

Après la guerre, muni de son seul CAP d'ajusteur, il partit pour Bruxelles où habitait une de ses tantes, prénommée Alice, qui pouvait l'héberger, et, comme il avait un bon coup de crayon, il trouva du travail comme dessinateur publicitaire dans le journal belge "Les Sports", puis il travailla ensuite, de 1948 à 1952, à l'Agence World Press. À 27 ans, il eut la chance de rencontrer Jean-Michel Charlier et Victor Hubinon, fameux auteurs de bandes dessinées du journal "Spirou", qui décidèrent de lui donner sa chance. À leur demande, il allait réaliser entre 1952 et 1954 plusieurs histoires de l'oncle Paul', des récits complets de quatre pages à valeur éducative et documentaire. Il devint ainsi l'auteur et le dessinateur d'histoires complètes et se fit ensuite confier la réalisation d'histoires à suivre.

C'est dans ces circonstances que naquit en février 1957 le personnage de Michel Vaillant. Jean Graton devait ensuite passer au journal "Tintin" qui publia de nombreuses aventures du sympathique coureur automobile, avant de fonder en 1981 sa propre maison, "Graton éditeur", avec son fils Philippe. Celui-ci, né en 1961 à Uccle, en Belgique, était lui-même (et reste) un photographe chevonné, mais il s'est vite mis à la bande dessinée lui aussi et la maison d'édition familiale est peu à peu devenue un véritable studio de création graphique, comptant d'autres collaborateurs. Il y a quelques années, Jean Graton a transmis la responsabilité complète de l'affaire à son fils et a cessé de dessiner pour jouir d'une retraite bien méritée.

Depuis 1959, Jean Graton aura dessiné pas moins de 4 000 planches (on a même dit 5 000). À côté des 69 albums des aventures de Michel Vaillant, il y a eu, entre 1976 et 1980, huit albums des aventures de Julie Wood, une championne de moto. Jean Graton avait aussi été entre 1967 et 1970 le co-auteur de la série des Labourdet, publiée dans le magazine belge "Chez Nous".

En 1966, Jean Graton avait donné son accord pour la réalisation de 13 épisodes des aventures de Michel Vaillant pour la télévision; le rôle de Michel Vaillant avait été tenu par le pilote de F3 Henry Grandsire et le tournage effectué lors de vraies courses; la série avait connu un réel succès. Puis, en 1999, Jean Graton avait accepté la réalisation d'une série de dessins animés en 65 épisodes. En 2002, son fils et lui ont donné leur accord au projet ambitieux du cinéaste Luc Besson de réaliser un vrai grand film avec acteurs, inspiré des aventures de Michel Vaillant en bandes dessinés.

Afin que l'univers du film coïncide avec celui la bande dessinée, les scénaristes ont dû lire les 64 albums alors parus, soit 10 heures de lecture par jour pendant 10 jours. Au final, il n'est resté que quelques emprunts aux albums. Seul l'album "Le 13 au départ"  a fourni entre 10 et 20 % de l'intrigue. Tout le reste a été une pure création restant tout de même bien dans l'esprit général de l'œuvre de l'auteur nantais. Pour que ce film colle le mieux possible à la réalité, il a été en très grande partie tourné lors de la course des 24 heures du Mans 2002. Des scènes ont aussi été tournées à Paris, en Normandie, à la Jonquière près de Chantilly, sur un lac gelé au Canada, et enfin au col du Mont-Cenis dans les Alpes. Même si le talent des acteurs était incontestable, toutes les scènes de conduite ont été réalisées par des pilotes chevronnés, dont Marc Duez, Jérôme Policand, Philippe Gache ou encore Emmanuel Clérico. Le rôle de Michel Vaillant, pilote automobile virtuose, champion incontesté dans les rallyes et les circuits du monde entier, a été tenu par Sagamore Stévenin, celui de son ami Steve Warson, par Peter Youngblood Hills, celui de Julie Wood, par Diane Kruger, et enfin celui d'Henri Vaillant, le père de la dynastie Vaillant, par Jean Pierre Cassel. Du côté des "Méchants", François Levantal était Bob Cramer et Lisa Barbuscia était Ruth Wong.

Face à Michel Vaillant, Ruth Wong, le manager de l'équipe Leader, jouait de son caractère et de ses charmes et avait comme objectif de venger à tout prix la mémoire de son père, le fameux Leader, mort au cours de l'un de ses affrontements avec Michel Vaillant. Prête à tout pour gagner, elle déployait des trésors d'imagination pour détruire les Vaillant, ses ennemis jurés. Ces deux équipes que tout séparait, se retrouvaient donc sur la grille de départ des 24 Heures du Mans. Michel était au volant de sa Vaillante bleue n°10. À ses côtés, on trouvait son ami Steve Warson, fabuleux pilote américain, dans la Vaillante n°8 et, juste devant eux, deux voitures rouges monstrueusement agressives, conduites par deux pilotes Leader, Bob Cramer et Dan Hawkins... Réellement bien fait, ce film connut un honnête succès, mais pas suffisant cependant pour envisager de donner une suite aux aventures de Michel Vaillant au cinéma.

La notoriété de Michel Vaillant a continué de grandir depuis et, en 2005, les Postes belges ont émis un timbre-poste de 50 centimes d'euros représentant Michel Vaillant.

Depuis quelques mois, Philippe Graton s'est lancé dans un projet éditorial très ambitieux : la publication de l'intégrale Michel Vaillant, soit 20 albums de 216 pages. Les volumes déjà parus rencontrent un grand succès.

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Bernard Le Nail est un écrivain fondateur de la maison d'édition LES PORTES DU LARGE. Contributeur ABP
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Vos 1 commentaires
divi kervella Le Mardi 31 août 2010 23:27
On parle breton dans l'album "Le pilote sans visage", et ce fait fait partie en partie de l'intrigue!
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