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La carte du ciel polaire
La carte du ciel polaire
- Chronique -
Les cachalots et les crosses sur les mégalithes bretons sont des constellations polaires
Les nombreux cachalots et crosses que l'on retrouve sur les mégalithes bretons ne sont que des constellations polaires qui servaient à déterminer le nord géographique, point immuable de la voûte céleste vu de la terre.
Philippe Argouarch pour ABP le 9/06/24 12:10
La carte du ciel préhistorique de Bretagne selon Stefan Maeder :
Réalisation : ARTEFACT-TV
(1 954 vues)

Dans une démonstration implacable, que vous pouvez revoir sur Youtube, le docteur en archéologie Stefan Maeder de l'Université de Fribourg en Allemagne, a démontré que les nombreux cachalots et crosses que l'on retrouve sur les mégalithes bretons ne sont que des constellations polaires qui servaient à déterminer le pôle nord géographique. Cette configuration stellaire, grâce à la précession des équinoxes, et grâce au logiciel Stellarium , est datée de 4600 avant J.-C. +-200 ans. La précession des équinoxes étant la giration en 26 400 ans du pôle nord géographique autour du pôle nord magnétique qui, lui, est immuable (à part les rares renverses à l'échelle géologique). Cette date correspond à celle des datations au carbone 14 présentées par la chercheuse suédoise Betina Schultz ( voir l'article ).

Ne pas perdre le nord

Pourquoi les peuples du néolithique avaient-ils besoin de savoir où se trouvait le nord ? La première raison, celle avancée par Stefan Maeder, est que les constructeurs de mégalithes naviguaient comme le montre la carte de la diffusion de cette culture qui va de la Bretagne et la Sardaigne jusqu'à la Suède ( voir l'article ). Ce point du ciel étant le seul à ne pas bouger la nuit car toutes les autres constellations se déplacent, vu de la terre, en conséquence de sa rotation. Que ce point fixe de la voûte céleste ait généré des mythologies n'est pas surprenant. Il a engendré des croyances très importantes. Le père Noël qui descend du pôle avec son charriot en est de toute évidence l'un des restes actuels. La relation entre le légendaire roi Arthur et l'étoile Acturus, l'étoile la plus brillante au nord de l'Equateur, directement au sud de la Grande Ourse, dont il est le gardien, reste à préciser dans le cadre de la mythologie des anciens Celtes.

Les cupules représentent des étoiles

Stefan Maeder a visité des centaines de sites depuis 15 ans. Ses corrélations entre les cupules creusées dans le granite et les étoiles autour du pôle ne peuvent pas être juste des coïncidences comme certains incrédules lui ont reproché. Les peuples du néolithique n'étaient pas des idiots comme beaucoup le pensent. La taille de leur cerveau était la même que la nôtre et le ciel à cette époque était très probablement bien plus clair la nuit qu'aujourd'hui en Bretagne. Ces hommes et ces femmes étaient tout à fait capables d'observations de la voûte céleste.

Stefan Maeder a pu dater des configurations stellaires gravées sur des rochers (avant la construction des mégalithes) à 12 600 avant JC à Quiberon à Roc'h Priol, à la fin de l'ère glaciaire donc. Sa constellation qu'il nomme le Coureur effrayé se retrouve aussi ailleurs.

La fameuse dalle gravée de Saint-Bélec découverte par Paul du Chatellier en 1900 dans un grand tumulus daté de l’Âge du Bronze ancien et situé sur une des collines de Coadri près de Leuhan, dans le Finistère, soit disant une carte topographique de la région de Quimper, est en fait une carte du ciel polaire en 4600 avant J.-C. La carte représente une constellation que Stefan Maeder appelle le Coureur Trébuchant et où le nord géographique est marqué par la plus grosse cupule.

La configuration des cupules à l'intérieur du cairn Saint Michel dans le Morbihan, lui, fait dater le site à 3500-3900 avant J.-C.

Les cachalots et les crosses que l'on retrouve sur la dalle de couverture du cairn de Gavrinis, sur le Grand Menhir Brisé, ou sur le menhir de Kelhuit à l'île de Groix, et ailleurs, ne sont que des représentations de la Grande Ourse pointant vers le nord symboliquement représenté par une cupule, souvent la plus profonde, à une époque où aucune étoile ne pouvait le représenter à cause de la précession.

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Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant, il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford.
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Vos 2 commentaires
Mona BRAZ Le Dimanche 9 juin 2024 13:24
Merci beaucoup pour cet article qui nous donne de nouveaux éléments de preuve du niveau de connaissances cosmiques, astronomiques et cycliques de nos ancêtres, pas si ploucs que d'aucuns cherchant à le faire croire.
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Jean Carfantan Le Dimanche 9 juin 2024 14:14
Merci Philippe, c'est passionnant. Les étoiles permettaient de naviguer la nuit et il fallait bien sûr un point de référence "immobile" pour repérer les autres étoiles.
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