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- Chronique -
Les crises bretonnes : et si nous sortions des cadres qui nous étouffent ?
Au-delà de la souffrance qu'elle génère, la crise récurrente de l'agriculture et plus généralement d'une grande partie de l'économie bretonne appelle les réflexions suivantes. Cette crise économique est avant tout
Yvon Ollivier pour Yvon Ollivier le 6/08/15 17:51

Au-delà de la souffrance qu'elle génère, la crise récurrente de l'agriculture et plus généralement d'une grande partie de l'économie bretonne appelle les réflexions suivantes. Cette crise économique est avant tout d'ordre structurel. Elle résulte largement de la discordance entre le fondement libéral et communautaire de libre circulation des marchandises, renforcé par la monnaie unique, et les distorsions de concurrence générées par l'absence d'harmonisation fiscale et sociale sur le territoire de l'Union européenne. Notre économie bretonne souffre des pesanteurs inhérentes à la sur-fiscalité française comme à la législation sociale plus avantageuse qu'ailleurs. La réglementation en vigueur, dans sa complexité, est une entrave permanente au développement de nos territoires.

Au final, la libre concurrence proclamée se retrouve biaisée dans son application.

Et les perspectives s'avèrent plutôt sombres car on s'évertue à traiter un problème structurel par des mesures conjoncturelles, destinées à gagner du temps.

L'harmonisation fiscale et sociale au sein de l'Union européenne est une nécessité vitale pour la Bretagne. Mais comment la France menacée par la sclérose et l'hypertrophie de sa sphère publique abaisserait-elle durablement les charges pour les mettre au niveau de nos principaux concurrents ? Comment saurait-elle aménager la législation sociale lorsqu'elle ne cesse d'exalter le besoin de protection ?

La Bretagne est désormais confrontée à un implacable processus d'étouffement de son économie, en raison d'un cadre juridique inadapté à ses particularités comme à ses innombrables atouts, au grand bénéfice d'autres territoires de l'Union européenne.

Mais n'est-ce pas d'un processus d'étouffement comparable dont pâtissent la culture et la langue bretonne ?

Là aussi, nous subissons la même discordance entre le principe républicain d'égalité et sa déclinaison linguistique et culturelle, à savoir l'inégalité des langues et des cultures au nom de l'unicité proclamée du peuple français..

A la langue française, le monopole de l'usage au sein d'une large sphère publique, aux autres langues un statut secondaire, au sein de la sphère privée. Une réduction patrimoniale et négatrice de droits que devrait encore accentuer l'éventuelle ratification de la charte des langues régionales. La réserve introduite en l'état dans le texte qui devrait être soumis au Congrès subordonne la charte des langues régionales au principe de l'unicité française, lequel la réduit au néant comme vient de le souligner justement le Conseil d'Etat dans son avis.

Ayons la force d'affronter la vérité. Pour des raisons historiques, la République ne veut pas de nos langues. Celles-ci sont condamnées à l'étouffement progressif en raison d'un cadre juridique discriminant. Pour masquer cette réalité peu engageante, nous entendons de beaux discours sur les bienfaits de la diversité et de l'égale dignité de langues et de cultures que l'ensemble de l'appareil juridico-politique s'emploie à évacuer de l'espace public et visible..

L'égale dignité de nos langues et cultures régionales passe par l'égal accès à la sphère publique sur leur territoire naturel. Leur survie dépend avant tout de l'égalité retrouvée et de la dignité qu'elle confère. .

La plupart des maux que nous déplorons sont d'ordre structurel et résultent d'une discordance entre des principes fondateurs et le refus de suivre leur cours. Mais nos grands élus ne veulent surtout pas toucher aux structures. Ils se complaisent au sein de cadres discriminants lorsque le salut de la Bretagne passe par leur modification.

Pour que la Bretagne ait un avenir et valorise ses innombrables atouts, il faudra d'abord sortir de la connivence…

Souhaitons que ce débat, à l'importance vitale pour la Bretagne, soit au c½ur des prochaines élections régionales.

Yvon OLLIVIER

Juriste

Auteur de La désunion française l'harmattan 2012

« La France comme si… » le temps éditeur 2015

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Yvon OLLIVIER est juriste, auteur de l'ouvrage "la désunion française essai sur l'altérité au sein de la République" ed l'harmattan 2012 et membre de la coordination des juristes de Bretagne blog associé desunion-francaise.over-blog.com
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Vos 13 commentaires
André Le Stum Le Jeudi 6 août 2015 23:56
Il serait temps que les médiats parle du mouvement www.UPR.fr allez sur leur site vous pourriez être surpris! enfin des gens qui défendent la France avec toutes les composantes qui font que notre "Vieux Pays symbole de démocratie est envier dans le monde entier notre force est l'acceptations des composantes de toutes nos diversitées à tous les niveaux! Révoltons nous positivement.
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André Le Stum Le Jeudi 6 août 2015 23:58
Le troll est il une entrave à la Démocratie ?
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Lucien Le Mahre Le Vendredi 7 août 2015 18:33
Disons-le sans ambages : sans un statut moderne la sortant de sa minorité politique et de son incapacité juridique en lui attribuant les compétences nécessaires à la gestion de ses problèmes spécifiques : politiques, économiques, culturels et environnementaux, la Bretagne continuera à végéter en dépit de ses potentialités.
Et ce, surtout si elle restait amputée de son Ulster : la Loire Atlantique (un tiers de sa population et de son économie), ce que nous ne pouvons nous résoudre à accepter quels que soit les artifices utilisés à notre encontre, surtout en ayant le droit européen et international pour nous.
Ce statut nécessaire peut très bien se concevoir dans le cadre d'une France fédérale redécoupée intelligemment et avec l'adhésion populaire, car en réalité c'est l'Hexagonie entière qui a besoin de voir son organisation politique et administrative repensée pour libérer ses énergies. Y compris le "Gross Pariss" officiel (et non pas le Paris des Parisiens) qui doit cesser de se penser comme le Versailles "républicain" vers qui tous les regards se tournent.
Cependant, la classe dirigeante qui devrait mettre en oeuvre ce changement indispensable rechigne à le faire tous bords confondus, trouvant son intérêt et son confort dans un modèle attardé cumulant, à force de non-choix, le Centralisme d'Etat et le Régionalisme en trompe-l'oeil, ce qui nous vaut la charge trop lourde du fameux "millefeuille" national.
En Espagne, le décès de Franco mit fin à un centralisme d'autant plus détestable qu'il était lié à la dictature, pour adopter le visage démocratique qu'on lui connait aujourd'hui, notamment dans une gestion plus participative accordant à toutes les Régions une autonomie à la carte conforme à ses besoins et respectueuse de ses nations historiques.
En France, le centralisme jacobin, héritier pourtant des périodes fascisantes de la Révolution et doublonné aujourd'hui pour être dans le ton, de régionalisme sans grand pouvoir, est flatteusement associé à l'image républicaine épurée, qui elle-même est associée à l'idée démocratique.
Du coup, dénoncer ce jacobinisme autoritaire si ce n'est négationniste voire éradicateur, c'est s'assurer d'une défense indignée des "élites" conservatrices de droite et de gauche, appelant les Grands Principes Républicains et Démocratiques à leur secours, pour justifier un immobilisme qui les arrange mais qui ne leur vaudra sûrement pas une inscription automatique au tableau d'honneur de l'Histoire...
Quant à nous, même si c'est tardivement, il faut commencer la reconquête par le commencement : élire en nombre suffisant des délégués émancipateurs pour notre Bretagne.
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MALE5 Le Samedi 8 août 2015 13:39
On est consterné par le racisme, le mépris et le matchisme pan-francophone que l'on lit habituellement sur les forums de la presse française dés qu'il s'agit de s'opposer à la reconnaissance de nos Droits de l'Homme linguistiques les plus fondamentaux. La France ne peut pas continuer de défendre hypocritement les droits linguistiques spécifiques des minorités régionales francophones à l'étranger (dialectophones Québécois, patoisants 'Acadiens', Wallons, Romands, Valdotains etc), lorsqu'elle n'y soutient pas carrément le séparatisme ethno-linguistique ("vive le Québec libre ! "; "La Wallonie manque à la France !") tout en s'opposant à ces mêmes droits fondamentaux lorsqu'il s'agit des Bretons, des Corses, des Basques, des Occitans, des Catalans, des Flamands et des Alsaciens-Mosellans. La duplicité idéologique et diplomatique est signe d'imposture et de mauvaise foi
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Peri Loussouarn Le Samedi 8 août 2015 14:29
@ andré Le stum :
avec cette réserve - de taille - qu' Asselineau, président de l'UPR, est un farouche opposant de la langue bretonne....
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Yann le Bleiz Le Dimanche 9 août 2015 12:11
Sortir? Oui! Mais pour quoi faire?
Jamais on n'entend s'exprimer un souhait de gouvernance bretonne!
Voir pour exemple la crise agricole ou evoquer la mise en plase d'un ministere Breton est quasi tabou, meme chez les partis politique qui se disent independantistes!
Donc, on ne veut pas du centralisme francais! Ok!
On s'interdit de penser a une gouvernance bretonne, une democratie bretonne! Ok!
Alors, on veut quoi? La reserve d'indiens?
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Gwenael Kaodan Le Mardi 11 août 2015 09:26
Pas de gouvernance ? Vous êtes sûr ?
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Paul Chérel Le Dimanche 16 août 2015 11:39
Tout est dans les deux derniers paragraphes de l'article mais il faut être clair. Le débat est dépassé, d'ailleurs en France on ne débat pas, on discute et ça s'arrête là. Aux prochaines régionales, il ne faut voter QUE pour des gens affichant un certain désir d'émancipation, à commencer par le refus pur et simple de signer avec l'Etat un contrat CPER et obliger cet Etat à signer un CPRE, un contrat de plan élaboré par la Région où il sera question d'infrastructures, libertés économiques, pouvoirs législatifs et financiers. Arrêtons de voter pour des serfs à genoux devant des suzerains arrogants et incompétents. Paul Chérel
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Eugène le tollec Le Jeudi 27 août 2015 11:03
Mais la Bretagne ..est dans ce schéma depuis'elle est sous le joug d'un état dominant ..la déstructuration de son économie date du 16 ième siècle...c'est un peuple soumis ..voilà ce que je pense soumis pas ses élites.
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Eugène le tollec Le Dimanche 30 août 2015 10:08
Et oui ..une somme de connivences dane une Bretagne VEULE
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Eugène le tollec Le Dimanche 30 août 2015 10:08
Et oui ..une somme de connivences dane une Bretagne VEULE
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Eugène le tollec Le Dimanche 30 août 2015 20:16
Sortir du cadre....mais nous n'en sortirons jamais...que part la mise en place d'une sixièmerépublique...et un changement de fondamental d'État ...le centralisme .....Rome est toujours là...
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Peri Loussouarn Le Lundi 31 août 2015 19:59
@ andré Le Stum (2)
...mais, concernant l'UPR, la reconnaissance d'une réelle énergie et une méthode qui peut forcer le respect.
A ce titre, les partis bretons devraient s'inspirer de leur cite internet, avec notamment le comptage en temps réel du nombre d'adhérents...
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