

Du 15 juin au 15 septembre 2026, les Jardins de Kerniguez, à Carhaix, accueillent une exposition du sculpteur Édouard Hervé. Neuf sculptures monumentales abstraites jalonnent le parcours botanique.
Du 15 juin au 15 septembre 2026, les Jardins de Kerniguez, à Carhaix, accueillent une exposition du sculpteur Édouard Hervé. Neuf sculptures monumentales abstraites jalonnent le parcours botanique.
Artiste reconnu, exposé dans plusieurs galeries françaises, Édouard Hervé investit un espace vivant de 15 000 m2. Ses œuvres (posées sur socle) de 1,60 à 3 mètres, dialoguent avec le végétal, la lumière et le regard des visiteurs. Pensées autour du mouvement, les sculptures s’intègrent au paysage pour proposer une expérience sensible, entre contemplation et émotion.
Questions à Edouard Hervé, sculpteur*
Viens avec moi, 2026
Longtemps, vous avez sculpté des animaux. D’une œuvre figurative vous êtes passé à un art abstrait. Comment expliquez-vous cette mutation ?
• C’est une question qu’on me pose souvent. C’est très dur à expliquer. Et tant que je n’aurai pas la réponse, je continuerai dans l’abstrait. Quand on fait de l’art figuratif, on sait où l’on va. Avec l’abstrait, je ne sais pas où je vais. Il n’y a pas de barrières, je vais là où le mouvement me mène. Je n’impose rien aux gens qui regardent mes œuvres et je ne m’impose rien non plus. C’est beaucoup de liberté !
Vous dites quand même que votre art est sensible à ce qu’il se passe autour de vous. Dans un monde offert à tous les tourments, quel est l’impact de ce désordre sur votre geste artistique ?
• Quand je dis être sensible à ce qu’il se passe autour de moi, je parle surtout des événements qui me touchent intimement qu’ils soient heureux ou malheureux. Inconsciemment, je sais que mes sculptures reflètent mon état intérieur. C’est ma façon à moi d’exprimer mes émotions alors que d’autres le feraient avec les mots.
Vos sculptures sont exposées à Paris, à Honfleur, à Aix-en-Provence, dans de prestigieuses galeries. Pourtant, à la base, vous ne venez pas de ce monde- là... Est-ce un atout ?
• C’est vrai, j’ai d’abord été plâtrier mais en
parallèle, j’ai toujours sculpté et peint de façon autodidacte sans l’influence d’un milieu artistique. Au début, j’utilisais le bois, la pierre et l’argile mais c’est grâce à la maitrise parfaite du plâtre que j’ai pu me lancer dans la réalisation de ce travail de lignes et de courbes et m’épanouir pleinement. Ce matériau ne me donne aucune limite pour créer mes originaux qui peuvent aller jusqu’à 3 mètres 50. C’est un vrai avantage.
Vous exposez à Carhaix, aux Jardins de Kerniguez, au cœur de la Vallée de l’Hyères. Comment la rencontre s’est-elle faite ?
• Les Jardins de Kerniguez, intégrés au golf de Carhaix, ont été créés par Claude Prigent. Au départ, je suis un petit joueur de golf. Claude Prigent a ensuite découvert mon travail dans un hôtel, à Quiberon. Il y a été sensible. J’habite à 800 mètres des jardins de Kerniguez. Le lieu est magnifique. L’idée d’une exposition a fait son chemin. Cédric Lumeau, le jardinier, est sensible à l’art. Nous nous sommes vite entendus pour intégrer neuf sculptures au parcours botanique, en cherchant le dialogue entre les œuvres, le végétal et le public. Je suis très heureux d’exposer ici.
En lisière, la saison culturelle des Jardins de Kerniguez
Situés à l’entrée de la Vallée de l’Hyères, à Carhaix, les Jardins de Kerniguez sont un atout pour le développement touristique du Centre-Bretagne. Lieu de passage, refuge du vivant, l’exposition du sculpteur Édouard Hervé inaugure une programmation culturelle annuelle baptisée En lisière. Objectif : faire vivre les jardins tout au long de l’année en croisant les disciplines artistiques et en créant des espaces de rencontre et de transmission.
Les Jardins de Kerniguez ont été créés en 2021 par Claude Prigent, fondateur de Carhaix Golf et d’une entreprise pionnière dans le recyclage des matériaux de déconstruction. Le dirigeant défend un développement lent et vertueux de ses activités, à l’image de l’une de ses initiatives les plus singulières : le transport, pendant 12 ans, de mâchefers d’incinération vers une plateforme de recyclage au moyen d’une péniche tractée par un cheval de trait breton.
Célébration de la lenteur
Les Jardins de Kerniguez ont été dessinés par l’architecte paysagiste Michel Gesret. L’entretien des Jardins de Kerniguez - 750 espèces et variétés - a été confié à Cédric Lumeau. Longtemps bénévole à l’arboretum de Huelgoat, l’ancien pépiniériste cultive une approche sensible du végétal et du vivant. Contemplatif, il défend “le beau et la lenteur” comme remèdes aux tourments contemporains. Bien qu’ayant une existence récente, les jardins déploient déjà une diversité de couleurs et de de formes. Différents espaces y ont été aménagés pour inviter à la déambulation, à la contemplation et à l’expérience sensible du vivant, tout au long de l’année.
« Un militantisme en douceur »
Afin de faire vivre le lieu, d’en renforcer l’attractivité et d’en développer la notoriété, Claude Prigent a souhaité inscrire les saisons des Jardins de Kerniguez au creux d’une programmation culturelle. Cette initiative a aussi une dimension politique. « Dans un monde saturé d’écrans, pris dans des logiques d’accélération et de consommation, il devient nécessaire de recréer des espaces d’attention, de lenteur et de relation au vivant », explique le chef d’entreprise. Le temps long du jardin apaise et répare. En 2010, Pierre Rahbi rappelait : « On peut acheter des yachts mais pas la joie de vivre. Au lieu de comprendre la nature, de prendre conscience que nous en faisons partie, nous cherchons à la dominer (...). Sommes- nous sur la Terre pour la prédation ou pour l’admiration ? Je crois qu’il faut retrouver l’amour en tant qu’énergie constructive. Et se souvenir de la phrase de Dostoïevski : “Et si la beauté pouvait sauver le monde ?“ »
En lisière, la programmation culturelle des Jardins de Kerniguez, s’inscrit dans cet horizon : faire des jardins un lieu d’inclusion, de rencontres, de transmission entre les générations, d’expériences et de résonances, au croisement de l’art, du paysage et du vivant.
3
Les Jardins de Kerniguez ont été dessinés par l’architecte paysagiste Michel Gesret. L’entretien des Jardins de Kerniguez - 750 espèces et variétés - a été confié à Cédric Lumeau. Longtemps bénévole à l’arboretum de Huelgoat, l’ancien pépiniériste cultive une approche sensible du végétal et du vivant. Contemplatif, il défend “le beau et la lenteur” comme remèdes aux tourments contemporains. Bien qu’ayant une existence récente, les jardins déploient déjà une diversité de couleurs et de de formes. Différents espaces y ont été aménagés pour inviter à la déambulation, à la contemplation et à l’expérience sensible du vivant, tout au long de l’année.
Les visites commentées
avec Edouard Hervé et Cédric Lumeau
• Jeudi 09 juillet à 15h • Jeudi 23 juillet à 15h • Jeudi 06 août 15h
• Jeudi 20 août à 15h
Commentaires (0)
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir !