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- Lettre ouverte -
Lettre à charlie hebdo
Monsieur, Suite à la parution dans votre journal d'une caricature signée par Riss, nous tenons à vous faire part de notre indignation. En effet ce dessin, affublé
Gwenael Kaodan pour Alliance Fédéraliste Bretonne - Emglev Kevredel Breizh le 18/06/15 11:59

Monsieur,

Suite à la parution dans votre journal d'une caricature signée par Riss, nous tenons à vous faire part de notre indignation. En effet ce dessin, affublé d'un encart qui se veut "spirituel", est injurieux pour la population bretonne parce qu'il laisse accroire que les écoles où est enseignée la langue bretonne seraient un repère de personnes non seulement "ringardes" mais aussi bêtement racistes. Ce qui est tout le contraire de la réalité puisque, et c'est clairement dit dans leurs statuts, ces écoles accueillent les enfants sans aucune référence ni à leur origine sociale, ethnique ni au type de croyance pratiqué ou non dans leurs familles.

Ce dessin cultive aussi la bêtise puisqu'il incite à penser que les "petites langues" ne mènent nulle part alors que bien au contraire elle participent à la richesse culturelle de l'Humanité puisqu'il est admis par les gens éclairés que chaque langue, si restreint que puisse être le nombre de ses locuteurs, présente une conception du monde. La multiplicité linguistique est une richesse. On assiste d'ailleurs actuellement à une prise de conscience au plus haut niveau dans de nombreux pays et à un regain d'intérêt pour non seulement maintenir mais revivifier cette pluralité linguistique.

Si votre dessinateur avait eu une vision un peu moins courte, moins provinciale des choses, il aurait su que rien qu'en Europe la plupart des pays, à l'exception de la France et de la Grèce, ont ratifié la Charte Européenne des Langues Minoritaires. Il aurait aussi su, pour prendre un exemple, que la Norvège (laquelle a largement démontré qu'elle chérissait la liberté d'expression) reconnait dans sa constitution trois langues nationales : le Nynorsk, le Bokmaal et le Same. Ce dernier idiome ne compte que 45.000 locuteurs et pourtant cette minorité linguistique bénéficie du même statut, et donc des mêmes outils linguistiques (écoles, vie publique, radio, télévision) que les deux autres. Il aurait même pu savoir que tout récemment vient de se tenir à Washington (U.S.) un important colloque réunissant des politiques, des linguistes, des professeurs issus des plus prestigieuses universités américaines pour relancer les langues amérindiennes. La langue bretonne, elle même, vient de faire sa rentrée dans les programmes de l'une de ces université où l'on cultive l'excellence — Harvard.

Et on trouvera bien d'autres exemples dans le monde.

La France, quant à elle armée d'une constitution qui ne reconnait aucune altérité, reste en queue de peloton. Chaque fois qu'il est question d'en finir avec un dogme datant de Robespierre (cf. l'article récent de Mr Claude Hagège dans le Monde), on crie en haut lieu au péril communautariste ! Les autorités françaises si promptes à donner des leçons aux autres peuples devraient faire preuve d'un peu plus de modestie. Elles s'honoreraient en reconnaissant enfin aux langues qu'elles ont stigmatisé les moyens indispensables, non pas à leur maintien en coma assisté, mais à leur plein épanouissement.

Les Bretons n'ont pas à faire la démonstration qu'ils sont tout autant que d'autres attachés à la liberté d'expression dont vous prétendez être l'étendard. Mais cette liberté d'expression ne vous autorise pas à insulter et à dénigrer les gens qui ne demandent qu'une seule chose : que leur soit reconnue la libre expression de ce qui fait leur singularité. Il n'y a que les tyrans du genre Robespierre et leur héritiers contemporains du genre Pol Pot qui ont eu pour ambition, sous couvert d'égalité, de "régénérer" à la façon que l'on connait la personne humaine.

Aussi invitons nous votre journal et certains de vos collaborateurs à méditer cette phrase de Camus "La liberté n'est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité".

Salutations bretonnes.

Jean-Louis Le Mee,

Président de l'Alliance Fédéraliste Bretonne - Emglev Kevredel Breizh

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Vos 14 commentaires
Paul Kerguelen Le Jeudi 18 juin 2015 17:44
Ou comment tendre un bâton pour se faire battre...
Connaissant ce journal, attendez-vous à réponse encore sous forme de caricatures ou autres!
Meilleurs moyen pour devenir leur nouvelles "tête de turc"! (Oups! un terme politiquement incorrect!)
Il est plus facile de taper sur des Bretons ou sur des catholiques que sur des musulmans, surtout après ce qui s'est passé!
Même si dans le fond, ce que vous écrivez dans la lettre n'est pas faux...
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Ed du Le Jeudi 18 juin 2015 20:20
Merci !
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Philippe Guilloux Le Jeudi 18 juin 2015 20:55
je trouve la lettre bien écrite mais en effet, je pense que c'est assez inutile.
La meilleure preuve de l'idiotie de ce dessin : le président de l'association de parents d'élèves de Skol Diwan Ar Faou est berbère
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jeannot Le Jeudi 18 juin 2015 23:27
Ce qui est affligeant dans ce dessin c est que ca laisse présager que si on apprend une langue differente de l arabe et du francais on est islamophobe ou raciste. Où sont les valeurs de tolerances envers les minorités cher a la france?
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bernard guyader Le Vendredi 19 juin 2015 07:50
Bon dia ; Aucune mise au point n'est inutile .. sinon c'est la "mémoire" collective qui en fait les frais . J'aime bien votre lettre ,cette dernière ne fait pas référence aux habituelles servitudes volontaires qui nous lient "au pays des droits de l'homme". Adeu B.Guyader
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Alwenn Le Vendredi 19 juin 2015 09:16
Il faut répondre à Riss, pas par la défense, mais par l'attaque. Et c'est par le dessin que se feront les meilleurs réponses. Deux exemples :
Iffig : Riss et la question bretonne
Nono : Je suis un Charlot
On dit parfois qu'un dessin vaut mieux que de long discours, et c'est parfois vrai.
Utilisons leur propres armes.
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Laurence Le Vendredi 19 juin 2015 10:34
Le dessin n'était pas excellent et cette lettre est parfaitement inutile.
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Lucien Le Mahre Le Vendredi 19 juin 2015 10:49
Pas trop d'égards pour ces accusateurs publics qui nous placent en position légitime défense.
On a envie de réagir, on réagit. Chacun à sa manière, car si les dessins indiqués par Alwenn sont particulièrement adaptés et percutants, tout le monde ne sait pas dessiner.
Il y en a quelques uns, ces dernières années, rappelons-nous, qui, croyant attaquer une cible facile vue de leur étroit milieu, n'ont finalement pas eu à se féliciter, c'est le moins qu'on puisse dire, d'avoir insulté d'une façon ou d'une autre la Bretagne et les Bretons...
Le droit de libre expression doit être respecté. Mais le droit de réponse en est le complément démocratique obligé.
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Y. Talec Le Vendredi 19 juin 2015 11:28
2 remarques :
1. Pour ceux qui ne le savent pas il y a option Arabe au lycée Diwan
2. Le mot "Plouc" est à l'origine un mot raciste français anti-breton(comme chintok, bougnoule, rital et tant d'autres...) pour désigner les habitants des communes en Plou... Par extension ce mot a ensuite pris le sens de paysan arriéré en règle générale.
3. Le droit au Blasphème est légale en France et l'expression de la liberté d'expression...soit, la xénophobie est manifestement également et légalement un droit d'expression. On s'offusque à juste titre d'anti-sémitisme, mais pas d'anti-bretonisme...drôle de pays!
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BEN KALED Le Vendredi 19 juin 2015 17:42
Lettre à Lalie Hebedeau
Ô rage ! ô désespoir ! Voilà maintenant la gabache qui se moque !
Prenez-vous en plutôt à vos compatriotes,
Qui d'un seul élan vous cirèrent les bottes !
Non content de dormir sur ce gros tas-d'or rougi du sang de vos martyrs,
Vous voilà, encore et encore, résignés à nous maudire !
Ô lâches crayons qui souvent nous fâchent,
Ne restons pas dupe de la colère qu'ils nous arrachent.
Formons tous en c½ur ces Ploucs réunis,
Qui un jour mettrons fin à la tyrannie.
Alors toi ! la gabache qui se fâche,
Viens tâter du bâton qui guide mes vaches,
Je te montrerais ma vraie gueule de plouc ignare,
Qui, quand lui prend l'envie, t'écrit ces mots bizarres.
Il me tarde de te voir au bout de ce bâton,
Et comme toi je dessinerai des beaux ronds.
Viens gabache, la Bretagne entière t'attend,
Et n'aie crainte d'y laisser quelques dents.
Cela vaut bien un dessin sans doute,
Car mon dessein à moi, ce n'est pas ta déroute,
Mais je ris un bon coup de voir ta tête si folle,
De te voir enfoui derrière un gros tas de c....s molles.
Nota bene : Gabache de Gabacho, nom péjoratif particulier des Français en Espagne, et ailleurs...).
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Konan Lasceau Le Vendredi 19 juin 2015 22:33
@BEN KALED
Belle tirade à dessein.
En théologie naturelle, le dessein de Dieu ou dessein intelligent est un acte de création.
Ce qui n'est pas vraiment le fait d'un SouriSSeau de chez Chientlie Hebdo
"le Dessin oui, la Chienlit NON !"
Driss veut dire étude ou connaissance en arabe ce qui n'a pas l'air d'être le cas des souris-sots, c'est donc pour cela qu'ils prennent un pseudo valorisant.
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Philippe Guilloux Le Vendredi 19 juin 2015 22:41
je trouvee le dessin de Nono excellent, une fois encore.
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BEN KALED Le Samedi 20 juin 2015 12:02
Chiantlit hé-bedeau !
@KL
Merci de m'honorer de tant de splendeurs,
Moi qui n'ai de cesse que de sauver votre honneur,
Ce dessin vaut bien une tirade sans doute,
Et tirer dans la fange ces artilleurs en déroute.
Car on tire-crayon à l'heure où je vous cause,
N'en croyant pas mes yeux, je me mis en prose,
Afin d'en finir avec la gabache,
Qui sans cesse nous rabâche,
Que ce qu'ils voient en nous les agace,
Et que voulez-vous que j'y fasse !
Je ne suis point médecin
Pour soigner de tels crétins.
Mon esprit les déroute,
Et je m'en vais sur la route,
Tel un Jack qui ne dit pas son nom,
Pour mieux faire taire ces insultes à notre illustre nom.
Hé ! Bedeau ! Où est-elle la-lie ?
Celle que l'on boit à la folie,
Qui rend fou sur le papier,
Pour mieux soigner ses anxiétés.
Alors, on accuse le Breton de tous les maux ?
Mais c'est toujours lui qui aura le dernier mot !!
(La suite au prochain numéro)...
Nota bene : Gabache de Gabacho, nom péjoratif particulièrement destiné à quelques ignobles françois.
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Mikael JORD Le Dimanche 21 juin 2015 19:43
Mad tre AFB-EKB
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