
Koun Breizh publie une lettre ouverte dans la presse adressée au Président du Conseil régional de Bretagne Loïg Chesnais-Girard pour exiger le retrait de la mention litigieuse "Tout est bon dans le breton..." qui créée une association d'idée entre Breton et cochon aux effets déplorables. Y répondra-t-il ?
Monsieur Loïg Chesnais-Girard
Président du Conseil régional de Bretagne
Objet : KOUN BREIZH demande à Loïg Chesnais-Girard de revoir sa communication associant les Bretons à des cochons.
Monsieur le Président,
Cela fait des années que Koun Breizh s’efforce de lutter contre toutes les formes de mépris associées à l’identité bretonne que charrient de vieilles comptines et de vieilles associations d’idée.
Ce racisme ordinaire que nous avons subi dans l’histoire se retrouve encore ici ou là, et participe de cette identité négative intériorisée depuis longtemps et qui perdure encore parfois dans la réserve de certains lorsqu’il s’agit de songer à l’autonomie politique ou à sauver nos langues.
C’est avec consternation que nous avons appris que le lancement de votre communication sur l’appel participatif aux Bretons se déroulait sous l’angle de « tout est bon dans le breton … »
Les Bretons que nous sommes ne comprennent pas que le responsable politique de la région Bretagne puisse associer « Breton » et « cochon » dans sa communication officielle pour s’adresser aux Bretons.
Faut-il que vos communicants soient si détachés de la réalité bretonne et de notre histoire, pour associer volontairement « tout est bon dans le breton avec le célèbre « tout est bon dans le cochon ! »
Le racisme que nous avons subi dans l’Histoire à la peau dure. Il résiste et se retrouve encore ici ou là, rien que par l’usage des mots et des associations d’idée. Les représentations ont la vie dure et rejaillissent parfois de manière consciente ou inconsciente.
A moins que l’association entre Breton et cochon fût le résultat d’une réflexion et d’une décision assumée, dans l’espoir de marquer l’opinion. Ce serait encore plus grave à notre sens.
Faut-il rappeler à vos communicants que l’association « breton » et « cochon » est celle qui a été le plus utilisée pour diffuser le mépris pour notre langue et culture ? La fameuse comptine « les pommes de terre pour les cochons et les épluchures pour les Bretons » que les enfants entonnaient dans la cour de récréation ? « Les Bretons c’est comme les cochons…entonnait Charles Pasqua à l’issue d’un referendum.
Il n’y a pas si longtemps, un commissaire-priseur pouvait mettre en vente une gravure montrant un paysan breton et un cochon manger dans la même écuelle.
Même sous la forme de l’autodérision, cette association voulue entre breton et cochon ne passe pas. Elle ne fait plus rire personne et certainement pas les Bretons.
Nous voulons croire qu’il s’agit d’une erreur grossière de communication commise par des gens qui ignorent le territoire où ils officient.
Nous saluons l’initiative de consulter les Bretons, avec toutes les réserves d’usage sur le traitement final, car depuis si longtemps nous décrions le déficit démocratique de ce pays et de son système juridico-politique.
Toutefois, nous ne pouvons accepter une consultation démarrant sous l’angle assumé du racisme anti-breton, de la part du Président de la région Bretagne.
Un peuple peut endurer beaucoup de choses dans l’histoire, mais il ne saurait transiger avec sa dignité et surtout pas dans le cadre d’une consultation démocratique.
Ou bien alors, Monsieur le Président, c’est qu’il n’est même plus un peuple, mais une simple région morne et soumise où il est loisible à tous de cracher sur ses habitants, puisqu’il s’agit d’une vieille coutume.
Avec confiance, nous vous demandons instamment de modifier votre campagne de communication et de retirer la mention « tout est bon dans le breton ! ».
On ne doit plus s’adresser aux Bretons sous l’angle du mépris !
Avec notre plus profond respect
Pour Koun Breizh
Yvon Ollivier
06 68 56 67 69
Commentaires (6)
Demat, il est impossible de penser que certains au CRB (B4) n'aient pas pensé à la triste association brezhon/pemoc'h. Et qu'ils aient accepté cela. C'est pitoyable. Quel niveau ! Le visage de la Bretagne ne s'enrichit guère, sur le modèle de celui de la France en Europe. Ce n'est que le début, mes chers compatriotes. Aujourd'hui encore une fois, les Bretons agissent, il faut donc les faire se taire. Quel parti politique français a réagi à cette nouvelle insulte ? LFI et ses cartes hydroliques ? Le RN et ses amitiés poutiniennes ? Les démocrates sociaux de toutes étiquettes ? Non, personne. Le pire est à venir. YG
Les Bretons n'ont plus à attendre les insultes du milieu culturel ou politique parisien, Loig Chesnais-Girard s'en charge pour les Bretons. Va-t-il nous faire une campagne « Bécassine » un de ces jours ? Échu gant ar vezh !
Comme tout est bon dans le cochon, au CR B4, on trouve ça génial, la comparaison avec le Breton. Sauf que les cochons, on les mange. Sauf que la comparaison qu'on aimerait oublier n'était pas du tout positive. Cette campagne se voulait démagogique. Tout n'est pas forcément bon dans les Bretons, la communication du CR B4 en est la preuve.
Personnellement, je trouve ça immodéré et sans objet. Le rapport breton/cochon n'est identifiable que par des gens cultivés en la matière. Et puis, en réalité, tout est bon dans le breton ainsi que dans le cochon. Qui n'est surtout pas un animal méprisable, mais nourricier.
Un peu d'humour au 20e degré, s'il vous plaît. Et de capacité de dérision de soi-même ! Ce qui manque de plus et cruellement dans ce monde binaire et pré-fasciste !
Rappelons-nous du rôle essentiel du bouffon du roi et des bardes...
La dignité avant tout, Jean. Ceux qui se sont fait traiter de plouc toute leur vie, qui ont souffert de la honte, et leurs descendants ne l'acceptent pas forcément. Si LCG veut faire des blagues et s'en payer une bonne tranche, il doit trouver un autre terrain de jeu et s'excuser. Je n'accepte pas qu'on me traite de cochons, alors que tout fout le camp en Bretagne et que l'action politique a laissé place à la comm. Et tu as vu à quelle comm ?
Au moins, les habitants de la Loire-Atlantique échappent-ils à cette comm'. Il faut savoir positiver.