Celtic Eruption — GREEN LADS (Welling lights.)

Avec « Welling lights », leur quatrième album, les Green Lads placent la lumière et l’énergie au cœur du projet. Des compositions originales, de la musique d’inspiration irlandaise qui fusionne avec l'électro.

Dès la première vision du Compact-Disc reçu, nous sommes immédiatement séduits par l’esthétique graphisme qui signe une très vibrante et signifiante jaquette.

Jaquette du Cd de GREEN LADS -  Welling lights .Jaquette du Cd de GREEN LADS - Welling lights . abp.bzh

Entre orangés de feu et bleus-verts plus aquatiques, projections énigmatiques d’éléments fracturés qui semblent exploser d’un cratère du fond duquel, en contre-plongée, notre regard se tourne inexorablement vers une aveuglante lumière, une ambiance tellurique, volcanique, se dégage de cette magnifique illustration qui, entre figuratif enracinement et contemporanéité picturale fait l’indiscutable réussite d’un bel objet que ne peut-être toute version dématérialisée de la musique.

Bravo aux artistes qui, comme pour cette réalisation, persistent à prendre grand soin de l’apparence de l’écrin de leur production discographique, en confiant, comme ici, à Florian DOUCET, la conception du visuel de couverture... à d'autres artistes !

Aucun nombrilisme de la part de la formation n'apparaît, puisqu’aucune photo individuelle ou collective ne figure en façade, au dos ou à l’intérieur du digipack.

Il faut regarder vers la vive lumière sus-décrite, pour lire le nom du groupe, GREEN LADS et, prioritairement souhaité, en gras et police de caractère de plus grande taille : « Welling lights ».

« Welling lights », comme « lumières jaillissantes », un titre d’opus qui apparaît tout à fait conforme à la promesse graphique, précédemment évoquée.

GREEN LADS ?… GREEN LADS ? Mais oui ! Vous aviez déjà croisé ce nom sur nos pages en ligne, puisque la formation, donnant dans le cadre du Festival Celtomania 2023 ( Voir article ), un spectacle à Bouvon, figurait en 5e piste de la compilation collector offerte par l’organisation de l’événement celtique intercommunal et annuel de Loire-Atlantique (44-Bzh), avec, pour titre, « A Pigeon's Dream ».

Gravée en 9e de leur propre disque « Nebula », paru la même année, cette pièce avait, déjà, attiré notre oreille, puisque nous vous en proposions l’écoute d’un court extrait d’une minute.

GREEN LADS… « GREEN », comme, au début, du prime et fondateur duo de violonistes tout de vert vêtu, qui déjà, mélangeait la musique électronique aux thèmes traditionnels irlandais et « LADS », comme, « gars », à prendre dans un sens, lui aussi, plus « vert », comme, au cours d’une émission de radio, le confiait, le fondateur de la formation, Antoine ROZÉ ; nous nous permettrons, alors, l’appellation « lascars ».

GREEN LADS, devenu, au fil du temps, un quintet électro-celtique est une formation bretonne d’Ille-et-Vilaine qui joue de la musique d’inspiration irlandaise, où violons, flûtes, guitare, uilleann pipes et claquettes fusionnent avec des nappes ou rythmiques percussives électro.

Avec, depuis 2021, une intégralité de compositions, certes, très largement inspirées des rythmiques irlandaises comme les jigs, reels, polkas…, les 12 titres de ce 4e album, « Welling lights » sonnent comme la quintessence du style du groupe électro celtique irlandais ; ce qui n’empêche, aucunement, la présence, la respiration de quelques mélodies envoûtantes.

GREEN LADS est un groupe en pleine ascension qui, en dehors de la Bretagne, s’ancre solidement sur l’ensemble du territoire hexagonal et s’ouvre, désormais, à l’international, avec un public croissant aux États-Unis (pays n°1 sur les plateformes d’écoute) et des concerts qui s’exportent déjà en Espagne, Italie, Royaume-Uni ou Pays-Bas.

Il est temps de vous présenter ce quintet breton de souche ou d’adoption :

  • Antoine MORIN, à la flûte traversière en bois et aux low et tin whistle.

Originaire de Normandie, Antoine arrive en Bretagne en 2008 et perfectionne son apprentissage de la musique bretonne et irlandaise auprès de maîtres du genre, ainsi que dans les sessions rennaises.

  • Fernanda KOSTCHAK au violon et chant

Fernanda est brésilienne. Elle a commencé l’étude du violon à l’âge de 8 ans dans un conservatoire de São Paulo. Elle a joué dans divers groupes de musique irlandaise, musique qui, à cette époque (1999), n’était pas encore très connue au Brésil. Elle a intégré des groupes de musique très variés avec lesquels elle a sillonné son pays.

Après avoir recherché des festivals de musique celtique, c’est en 2011 qu’un copain musicien breton lui conseille de venir à Lorient. Depuis cette époque, elle est tombée amoureuse de la région et de sa culture ! En 2013, elle a amené son groupe de musique irlandaise du Brésil avec qui elle a pu concourir au Trophée Loïc RAISON, dans le cadre du Festival Interceltique de Lorient.

  • Neven Sebille KERNAUDOUR, à la guitare et aux Uilleann pipes.

Né dans le Trégor, Neven a appris le breton dès le plus jeune âge, bercé par le piano et la musique bretonne. Il commence le piano puis se tourne vers les instruments traditionnels à vent comme la bombarde, le biniou, les uilleann pipes, les whistles, mais aussi la guitare acoustique.

Il participe à différents projets ainsi qu’à une dizaine d’albums.

Il part deux ans en Irlande, plus précisément dans le comté de Clare, situé dans la province du Munster, et obtient un Master Irish Traditional Music Performance, à l’Université de Limerick.

De retour en Bretagne en 2020, il crée GALANTA (musique traditionnelle irlandaise) et enregistre l’album « Spi », paru en mai 2022, avec le groupe du guitariste breton, Jean-Charles GUICHEN ( Voir notre chronqiue ) .

Il rejoint GREEN LADS, la même année.

  • Antoine ROZÉ, au violon, au chant, au ukulele, à l'alto et à l'électro.

Né en 1989, à Rennes, et diplômé en télécoms, Antoine a choisi la musique comme suite à ce premier parcours de vie. Avec son premier projet AROZÉ, mélange de violon et de musiques électroniques, il vogue vers l’intermittence du spectacle et décide, en 2018, de séparer la partie celtique de AROZÉ pour en faire un projet dédié…: GREEN LADS !

Après diverses autres expériences, il rejoint également, en janvier 2024, aux côtés de Gaëtan GRANDJEAN (guitares), Cédric MOTTE (basse, claviers) et Ronan DESPRE (batterie, percussions), Alan STIVELL, comme violoniste principal, dans le cadre de le tournée « Célébration ».

  • Marie GUENEAU est aux claquettes et, vous l’entendrez, est, au-delà de l’expression dansée, une instrumentiste rythmique à part entière, indispensable aux liens stylistiques sonores du groupe.

Sur un électro omniprésent, mais qui par ses structures rythmiques et sonorités diverses, n’est jamais récurrent, envahissant, occultant, pendant ces 48 minutes, vous allez, entre véloces violons, guitares et flûtes, tour à tour, voyager entre effrénées musiques à danser, ballades chantées ou non, « électro rap » avec, en invité, la figure emblématique des battles de beatbox, BreZ, voire, quasi « électro-symphonique » ou musique de film…

Sur ses supports de communication, GREEN LADS, ne précise-t-il pas, ainsi, ses intentions artistiques :

« À l’image de sa pochette, « Welling Lights » raconte comment des énergies multiples, parfois contrastées, trouvent leur cohésion dans un tout harmonieux et lumineux ».

Inutile de vous dire que ce dessein est largement atteint, au point que la fort riche diversité du propos musical engendre un programme qui nous séduit dans sa totalité, les morceaux semblant se nourrir les uns des autres, en laissant largement entrevoir, en matière de compositions originales, le vaste champ des possibles qui s’offre à la formation.

Si le fondateur Antoine ROZÉ, apparaît, en solo, en duo avec Antoine MORIN ou en association avec d’autres compositeurs, dont d’anciens membres, Stéphane NOËL, Mary O’NEG, comme le compositeur principal, l’ensemble des musiciens participe, aussi, à la création en co-signant ces notes originales, qui donnent au projet un aspect choral.

Nous avons beaucoup aimé, composition collégiale, « Celtic eruption », titre qui ouvre l’album avec, secondé par des traditionnelles claquettes revisitées de tap dance, un électro puissant, mais qui, comme mentionné plus haut, ne masque jamais le son plaintif d’un Uilleann pipes, d’un chorus vocal, ou d’un intrépide duo de violons.

Ce morceau apparaît comme l’enseigne parfaite du disque, certes, mais, aussi du groupe qui sait panacher rythmes effrénés, virevoltantes mélodies et ballades.

Dans un style différent, tout aussi néo-irlandais, nous retiendrons, également, en piste 4, composé, en solo, par Antoine ROZÉ, « Let it out », avec le lumineux chant de Giacomo, dit Jack MERIGO, leader du groupe de Celtic Punk Rock originaire des Dolomites (Italie), THE RUMPLED qui joue, également du folk-rock irlandais, formation invitée, sur ce titre, par GREEN LADS.

Introduit au ukulélé, dans une couleur folk, cette fois, plus discrètement accompagné d’électro, soutenu par chœurs, violons, guitares et flûtes… et claquettes, le texte signé de Nicolas ENGEL nous incite à la pleine révélation de soi-même.

Be...

Just who you want to be

Serene, happy and free

All you need to do iS to believe in you

Be...

The one you know you are

Your inn superstar

All you need to dois to believe in you

You can be...

A man with a dress

You can be

A penniless princess

You can be…

A damsel in distress

Or a beautiful mess!

Let it out !

Be the one you are

Deep down inside

Be the one you hide

Let it out!

Be the one who feels

He's been denied

Be the kid who cried

[…/…]

Sois…

Tout simplement qui tu veux être

Sérénité, bonheur et liberté

Il te suffit de croire en toi

Sois…

Celle que tu sais être

Ta propre star

Il te suffit de croire en toi

Tu peux être…

Un homme en robe

Tu peux être

Une princesse sans le sou

Tu peux être…

ne demoiselle en détresse

Ou un magnifique désordre !

Laisse-toi aller !

Sois celle que tu es

Au fond de toi

Sois celle que tu caches

Laisse-toi aller !

Sois celui qui

Se sent rejeté

Sois l'enfant qui pleurait

[…/…]

La piste 7 nous réserve une très jolie pause dans un jardin enchanté… et enchanteur.

Composé par Antoine ROZÉ et Stéphane NOEL, interprété par les deux musiciens, aux côtés d’Antoine MORIN, le morceau titré « Garden break », nous emporte dans une ambiance quasi symphonique, où cordes et flûte, en poétiques volutes, hélicoïdalement, s’entrecroisent magnifiquement, rythmées par de cristallins cliquetis électroniques, nous conduisant jusqu’à l’évanescence finale.

Quels mystiques instants qui vous enveloppent de sérénité, en vous emmenant, entre-autres, par l'imaginaire, vers les douces collines verdoyantes parsemées de lacs argentés et de tourbières brun foncé, des Midlands.

Mais, en contraste et en piste 10, retrouvez les côtes sauvages irlandaises, balayées par les tempêtes, avec l'ample « Storm's embrace » (l'étreinte de la tempête), une ample et collégiale composition et interprétation où alternent, sur un rythme électro bien marqué, denses et fougueux moments et instants de très courts répits, durant lesquels, la flûte glisse, avec souplesse, ses accents celtiques, le tout ponctué d’un scandant chorus vocal. Un nouveau moment symphonique à écouter à bon volume, la qualité de l’enregistrement et du mixage, assurés par Antoine ROZÉ, le permet, aisément.

Nous n’oublierons, surtout pas, de mentionner, en dernière piste, le pictural « Maple swirl » (Tourbillon d’érable), pièce attribuable aux identiques compositeurs et interprètes de « Garden break » qui, à la manière d’une musique de film proposée en générique de fin, clôture admirablement, en tournant autour d’un thème central, ce très riche, dense, original et intéressant album de GREEN LADS.

Nous avons, en effet, beaucoup aimé ce disque particulièrement énergique, lumineux, aux propositions musicales contrastées, voire éclectiques, mais toujours s’inscrivant dans l’homogénéité d’un style, d’un album, et, in fine, d’un spectacle, dont, à l’écoute du C.D., on devine déjà, la brillance.

Cette publication discographique nous projette, de part et d’autre de la Mer Celtique, dans un nouvel et créatif Interceltisme identitairement réciproque aux sonorités rythmiques et technologiques très actuelles.

En effet, ce sont des Bretons qui jouent de la musique celtique aux couleurs irlandaises.

Vous nous direz que GREEN LADS n’est pas le seul groupe à pratiquer cette « musique-sœur », mais consentez qu’il devient assez unique, en entremêlant, hors de tous traditionnels, des compostions originales d’inspiration irlandaise avec des sons électroniques en sachant que cette démarche n’est aucunement opportuniste, mais guidée, dès le début du projet, par un fondamental et assumé choix artistique.

Au carrefour des codes de la musique celtique et de la modernité des rythmes électro, découvrez GREEN LADS et ses pétillantes « Wellings Lights », opus qui se révèle comme un brillant enregistrement « signature ».

GREEN LADS aurait pu être un simple groupe de musique traditionnelle, mais par sa ligne artistique bien personnelle, le quintet devient créateur d’une prospective néo-musique irlandaise…

Procurez-vous, sans hésiter « Wellings Lights » en CD ou 33 tours vinyle sur cette page et, plus largement, les publications discographiques précédentes de GREEN LADS, numériquement pressées ou, sur sillons, gravées, en vous rendant sur cette page

Gérard SIMON

Illustration sonore de la page : GREEN LADS - De l'album « Welling lads » :

"Celtic Eruption" - Extrait de 01:00.

D'autres extraits sonores sur Culture et celtie, l'e-MAGazine : (Voir site) .

La page officielle du groupe GREEN LADS sur viagramophone.com : (Voir site) .

Les titres du CD de GREEN LADS - « Welling lights » :

01 - Celtic Eruption - 04:11.

02 - Lost In The Green - 03:41.

03 - Autumn Lights - 03:53.

04 - Let It Out (Invité: The Rumpled) - 03:23.

05 - First Day On Holiday - 04:48.

06 - Wild Chase - 03:52.

07 - Garden Break - 04:21.

08 - Swaying Pulse - 4:45.

09 - Summer Rush - 04:16.

10 - Storm's Embrace - 03:43.

11 - Friends and Fame (Invité : BreZ et Pauline KONDRAT) - 03:04.

12 - Maple Swirl - 4:03.

Durée totale : 48:00.

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GREEN LADS - « Welling lights ».

Parution : 13 mars 2026.

Production : Nemesia Records.

Référence : n.r.

© Culture et Celtie