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- Présentation de livre -
Un excellent livre paru à Quimperlé :
En 1980, dans le cadre d'un réaménagement de leurs locaux, des religieuses de Quimperlé décidèrent de faire détruire un ancien oratoire en mauvais état qui se trouvait dans leur couvent.
Bernard Le Nail pour ABP le 14/06/08 15:18

En 1980, dans le cadre d'un réaménagement de leurs locaux, des religieuses de Quimperlé décidèrent de faire détruire un ancien oratoire en mauvais état qui se trouvait dans leur couvent. Les ouvriers qui procédèrent à cette démolition, mirent alors à jour des ossements vieux de plusieurs siècles qu'il fut décidé de transporter à la fosse commune du cimetière de la ville, mais un érudit passionné, originaire de Nantes et grand connaisseur de l'histoire de Quimperlé où il était principal du collège de La Villemarqué, M. Yves Bellancourt, démontra qu'il s'agissait très certainement des restes de Jean de Montfort, né à Nantes vers 1295 et fils du duc Arthur II et de sa seconde femme Yolande de Dreux et donc demi-frère du duc Jean III, mort en 1341.

À l'annonce de la mort du duc, Jean de Montfort s'était alors proclamé duc de Bretagne, avait été reconnu comme tel par les Nantais et avait chevauché jusqu'à Limoges pour récupérer le trésor ducal, mais il avait été désavoué par le roi de France Philippe VI de Valois au profit de sa nièce Jeanne de Penthièvre, mariée à Charles de Blois. Ainsi allait commencer la Guerre de succession de Bretagne qui n'allait prendre fin qu'en 1364 avec la bataille d'Auray, la mort de Charles de Blois et la victoire du fils de Jean de Monfort, devenu duc sous le nom de Jean IV. Jean de Montfort était mort en 1345 à Hennebont à la suite des blessures reçues lors du siège de Quimper et il avait été enterré à Quimperlé.

La nouvelle de la découverte de ses restes suscita une vive émotion à travers la Bretagne et Yves Bellancourt créa alors un "Comité Jean de Montfort" pour assurer une sépulture descente à ce duc qui n'avait pratiquement pas pu régner sur la Bretagne. Grâce à la générosité de nombreux Bretons, une belle dalle funéraire en granit put être réalisée sous laquelle les restes de Jean de Montfort furent ensevelis dan l'église Sainte-Croix.

Le Comité Jean de Montfort se transforma bientôt en Société d'histoire du Pays de Quimperlé, laquelle se mobilisa en 1988 pour le sauvetage de l'ancien hôtel du Quilio. Présidée par Jean-Jacques Gouriou, avec Alain Pennec pour secrétaire et Fañch Postic pour trésorier, cette association a mis en chantier un dictionnaire des personnages importants de l'histoire de Quimperlé, en liaison avec l'association des Amis de l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé (créée en 1997 pour l'organisation d'un colloque universitaire consacrée à cette abbaye, qui eut lieu en 1998). Cette dernière association a, entre autres projets, celui de faire une réédition critique du Cartulaire conservé à Londres qui est une source importante pour la connaissance de l'histoire de la Bretagne.

Paru il y a quelques mois , l'ouvrage "Ces Quimpérlois(es) qui ont fait l'histoire", se présente sous la forme d'un beau livre de 176 pages bien illustrées (vendu en librairie au prix de 30 euros), comme on aimerait en avoir pour tous les "pays" de Bretagne. On y trouve une soixantaine de notices biographiques fort bien faites concernant des personnages originaires de Quimperlé ou qui y vécurent à diverses époques depuis 15 siècles, des personnages aussi différents que le père du Paz, le grand historien Dom Morice, la grande figure janséniste de Port-Royal Claude Lancelot, l'héroïque marin Charles du Couëdic, le collecteur du Laurens de la Barre, le fameux sonneur Matilin an Dall, l'abbé Henri, collaborateur de Théodore Hersart de La Villemarqué, l'ingénieur Louis Charles Sévère, constructeur de la gare d'Austerlitz à Paris, Louis Beaufrère, président des Bretons de Paris, le docteur Charles Cotonnec, rénovateur de la lutte bretonne, le chanteur engagé Glenmor, et bien d'autres encore. Ce livre passionnant à lire a a place dans tous les foyers du pays de Quimperé.

On peut seulement regretter que les auteurs n'aient pas consulté l'excellent dictionnaire biographique "Mille Bretons", du professeur Jean-Loup Avril, car ils y auraient trouvé des informations précieuses sur un autre Quimperlois malheureusement absent du livre : Auguste-Casimir de Gourcuff (Quimperlé, 1780 - Paris, 1866), grand pionnier des assurances en France, représenté sur un grand tableau qui a figuré durant un siècle et demi dans le bureau du président des Assurances Générales de France (AGF) à Paris.

Né à Quimperlé en 1780, Auguste Casimir de Gourcuff avait émigré à Hambourg avec sa famille à la Révolution et avait dû très jeune se mettre au travail pour gagner sa vie. Il s'était initié dans ce grand port de la mer du Nord au commerce et aux assurances maritimes. Rentré avec sa famille, complètement ruinée, en France en 1802, il s'était établi à Paris et était devenu associé dans une maison de commerce, puis, en 1818, un commerçant marseillais lui avait confié la direction d'une petit cabinet d'assurances maritimes. Le secteur des assurances était encore seulement embryonnaire en France à cette époque. En quelques années, Auguste Casimir de Gourcuff allait développer des activités d'assurances vie et d'assurances incendie, donnant naissance à un groupe puissant, les Assurances Générales, desquelles allait naître plus tard les AGF. Auguste Casimir de Gourcuff mourut à Paris le 17 mai 1866.

Une autre personnalité originale, une grande militante de la Bretagne, aurait pu trouver aussi sa place dans l'ouvrage : Marie-Anne Kerhuel (Quimperlé, 1910 - Saint-Brieuc, 1988)

Née le 9 novembre 1910 à Quimperlé, Marie Anne Kerhuel fit des études supérieures à l'Université de Rennes et entra ensuite au Ministère des Finances à Paris, où elle devait faire toute sa carrière. Elle soutint en 1938 une thèse de doctorat de droit sur “les mouvements de longue durée des prix”. S'étant liée d'amitié dans les années 1950 avec un refugié politique originaire de Géorgie, elle en avait épousé la cause avec enthousiasme, réalisant et diffusant pendant plusieurs années une lettre d'information intitulée "La Nation Géorgienne". Devenue une excellente spécialiste de l'Union Soviétique et de ses problèmes de minorités, elle fit paraître en 1961 un livre prémonitoire "Le colosse aux pieds d'argile". Ayant adhéré des 1957 au Mouvement pour l'Organisation de la Bretagne (MOB) et commencé à militer aussi activement au sein du Mouvement fédéraliste européen, elle en devint bientôt la secrétaire générale pour la section Bretagne-Vendée. À l'âge de la retraite, Marie-Anne Kerhuel quitta Paris et vint s'établir à Mûr-de-Bretagne où elle continua à militer très activement pour la Bretagne, publiant notamment une lettre circulaire, "Douar Breizh", au contenu riche et varié, diffusée à plusieurs centaines d'exemplaires à travers toute la Bretagne. Elle mourut à Saint-Brieuc le 21 janvier 1988.

Il faut ajouter pour terminer que l'un des auteurs du livre, Alain Pennec, très actif professeur d'histoire et de géographie, depuis peu en retraite, a été entre temps élu maire de Quimperlé. On peut gager que cette jolie ville de Cornouaille qui compte aujourd'hui 10 900 habitants, saura mieux que jamais bien mettre en valeur son patrimoine historique...

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Bernard Le Nail est un écrivain fondateur de la maison d'édition LES PORTES DU LARGE. Contributeur ABP
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