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- Communiqué de presse -
Le tocsin a sonné...
Le 9 juin 1675, au son du tocsin, des paysans de Cornouaille se regroupent pour protester contre les nouvelles taxes instituées par Colbert. Ce ministre des finances de Louis XIV doit financer ses guerres, les fastes de Versailles et de sa cour et justifier la mégalomanie
Bertrand Deléon pour BEMDEZ le 12/02/06 23:05

Le 9 juin 1675, au son du tocsin, des paysans de Cornouaille se regroupent pour protester contre les nouvelles taxes instituées par Colbert. Ce ministre des finances de Louis XIV doit financer ses guerres, les fastes de Versailles et de sa cour et justifier la mégalomanie du souverain absolu. Le recours à de nouvelles taxes notamment sur le papier timbré et la vente de tabac vient s'ajouter à une pression fiscale déjà très lourde et à l'exploitation quotidienne des paysans par une noblesse cupide.

Plusieurs milliers d'insurgés bretons se soulevèrent dans les villes et les campagnes, Sébastien Le Balp (Bastian ar Balp) prendra la tête du mouvement. Au cœur de ces émeutes et à la suite d'innombrables rebondissements sera rédigé le Code Paysan qui eut un excellent retentissement en Europe. La Hollande, soutien potentiel de la révolte inquiéta grandement le pouvoir royal. Ce programme politique breton évoque les droits bretons usurpés, "la Liberté Armorique", et son contenu inspira par la suite révolutions (notamment la révolution française) et mouvements sociaux.

L'assassinat de Sébastien Le Balp à Poullaouen marqua le début de la confusion chez les insurgés et la féroce répression des troupes royales, celles du Duc de Chaulnes, et celles des missionnaires catholiques du père Maunoir (intimidations, pendaisons nombreuses, pillages par les soldats, condamnations aux galères, destruction de quartiers urbains et de clochers, viols, enfants massacrés et brûlés...). Le parlement de Bretagne, exilé à Vannes fut contraint de verser une effarante contribution au Trésor Royal, véritable trésor de guerre à la France, affaiblissant un peu plus la Bretagne.

Les idées semées lors de la révolte des Bonnets Rouges ont profondément marqué le paysage socio-politique breton. Ainsi, plus de trois siècles plus tard, le Poher et le Trégor inspirent toujours à plus de justice sociale et portent les germes de la révolte.

Nous savons que notre histoire est bannie des écoles et des manuels scolaires et seules des initiatives bretonnes peuvent pallier cette injustice. Dans ce contexte, la récente décision du Préfet du Finistère d'imposer le retrait de l'effigie de Sébastien Le Balp d'un panneau touristique de Carhaix est révoltante.

Afin que tout un chacun puisse accéder à cette importante page de l'Histoire de Bretagne, l'association culturelle Bemdez, dont les buts sont de promouvoir la culture bretonne et de défendre la légitimité de son développement, se tourne vers les élus pour leur soumettre l'idée de consacrer un musée aux Bonnets Rouges.

Pour l'association Bemdez,

Bertrand Deléon.

Kevredigezh / Association BEMDEZ Ti ar c'hevredigezhioù / Maison des associations 6 straed ar Govuerezh / 6 rue de la Tannerie 56 000 GWENED / VANNES – BREIZH / BRETAGNE – Pgz / Tél. 06 11 51 43 15. (voir le site)

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Vos 2 commentaires
Laurent B Le Jeudi 18 août 2011 15:51
Tout à fait d'accord, masquer son histoire,
c'est le début de la négation de ce qui nous a fait.
Il ne faut pas confondre histoire et politique.
Bientôt l'hermine et le bonnet rouge seront-ils interdit de toute représentation ?
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Yann Le Bleiz Le Jeudi 18 août 2011 17:08
Je ne suis pas d'accord avec vous. Du moins sur votre présentation de l'impôt.
A ma connaissance, la révolte n'était pas contre des impôts français supplémentaires, mais contre le fait de mettre des impôts français directement en Bretagne. (C'est très différent)
Les Bretons payaient leur impôt à la Bretagne et non à la France, nous étions autonome.
La somme versée dont vous parlez doit être le fameux "Don Gratuit" que les bretons convenaient de verser au roi, tous les 2 ans. Don Gratuit, euphémisme pour un racket illégal, mais cela permettait d'éviter le terme "impôt" pour ne pas faire de précédent.
Ce racket (car c'est la France qui fixait le montant de la somme) était présenté par les bretons comme un don gratuit consentit en échange de la ratification du traité de 1532 qui protégeait les institutions bretonnes, donc notre autonomie. Ce traité est ainsi signé plus de 120 fois, un cas unique.
A la révolution, après annulation des institutions bretonnes en violation du traité de 1532, les impôts sont passés sous contrôle français et auraient doublé...
C'est l'une des raisons des guerres chouannes.
La mauvaise gestion fiscale est un particularisme français que nous connaissons bien encore de nos jours.
Je serai intéressé d'avoir l'avis d'un spécialiste de la fiscalité bretonne et de nos institutions, pour valider ou préciser ce que je viens d'écrire.
C'est l'occasion de mieux connaître nos institutions bretonnes d'avant la révolution.
Merci d'avance!
PS : Pour le musée, oui bien sûr!
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